Libre ou non, laïc ou non

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Zunera Ishaq demande le droit de porter son niqab pour prêter serment comme nouvelle citoyenne canadienne.

La Presse

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Le Nouvelliste

Je ne suis pas certain de bien comprendre nos chartes des droits et libertés de la personne, mais je pense saisir que nous vivons dans un pays libre, dans un pays de libertés. Qu'est-ce donc la liberté?

Je me réfère ici au philosophe Alain qui m'a appris ceci: «Il n'y a pas de bonheur au monde si l'on attend au lieu de faire, et ce qui plaît sans peine ne plaît pas longtemps. Faire ce qu'on veut, ce n'est qu'une ombre. Être ce qu'on veut, ombre encore. Mais il faut vouloir ce qu'on fait... le monde humain est rempli de plaintes. N'employez point la volonté à bien choisir, mais à faire que tout choix soit bon.»

Certaines personnes se prosterneront devant le religieux, des icônes, des symboles; d'autres ne se prosterneront pas devant quiconque ni quoi que ce soit. Consciemment ou non, le fait de vivre au Canada fait de chacun de nous des citoyens responsables de nos choix de conscience. Voilà bien un curieux paradoxe: avec nos capacités mentales et spirituelles qui ne sont pas divines, il faut tous conjuguer individuellement la liberté!

Cette liberté a ses limites: on a beau vouloir déshabiller madame X ou monsieur Y des yeux, personne n'autorise quiconque à les mettre nus dans la rue. Même si ces personnes exhibent sans retenue leurs charmes ou même si elles les cachent de la tête au pied. C'est ça le Canada, c'est ça le Québec: une terre d'accueil et de libertés.

Et ça, c'est ici, chez nous, à Louiseville, Yamachiche, Trois-Rivières, Montréal, Québec, Saint-Sévère, Champlain, Batiscan, Bécancour...

Ailleurs, ils ont leurs lois, leur religion officielle qui limitent davantage la liberté et son exercice; l'expression verbale, visuelle et autres sont censurées. Rien à faire, car les limites de ces pays sont très restrictives; tout est prévu ou presque, et si cela ne l'est pas, l'autorité sanctionnera rapidement, radicalement, arbitrairement.

Il faut vivre avec nos chartes dans l'harmonie, car à choisir entre l'arbitraire et la liberté, j'opte pour le jugement historique de la multitude plutôt que celui d'une oligarchie qui s'octroie tous les pouvoirs. Le défi devient ainsi celui de l'harmonie, d'une vraie démocratie, celui du respect de l'autre avec ses choix de conscience, plus ou moins conscients de leur véracité ou de leur vérité absolue. Nul ne sait absolument.

Que cette volonté de puissance soit celle du plus petit dénominateur commun humain possible, c'est-à-dire, soi-même, en tout respect de tout un chacun, et ce, à travers des lois les moins restrictives possibles. L'exclusion est la pire des sentences en pays de liberté et le non-sens le plus éclatant. Personne n'est la société: je ne suis pas la société, je suis moi. Le nous est un faux concept puisqu'il évolue constamment.

Un niqab est un symbole religieux, pas un costume de bain ni un vêtement civil; faire une telle comparaison tient du paralogisme sinon d'un sophisme: professionnellement et philosophiquement inacceptable.

François Champoux, Trois-Rivières

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