La galette sous surveillance

C'est aujourd'hui que s'ouvre, à Louiseville, ce qu'on peut qualifier de... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est aujourd'hui que s'ouvre, à Louiseville, ce qu'on peut qualifier de dernier grand rassemblement festif de la saison-sans-neige dans la région. Le Festival de la galette de sarrasin se déroulera cette année avec un souci particulier pour la sécurité. On veut éviter que surviennent des incidents comme ceux qui ont assombri le bilan du Festival western de Saint-Tite, il y a quelques semaines.

L'intention est noble. Et nécessaire. Les organisateurs du festival, qui savent très bien que leur événement est un grand rassemblement populaire où on en profite souvent pour prendre une bière, ou deux, ou dix, veulent éviter les débordements ou les situations fâcheuses. On a donc demandé aux bénévoles et aux pompiers qui assurent la sécurité pendant l'événement d'être plus vigilants.

Le problème est peut-être là. Le service des incendies de Louiseville, même avec la meilleure volonté du monde, ne peut pas assurer adéquatement la sécurité d'un événement où convergent plusieurs milliers de personnes. Dix pompiers en même temps, à travers la ville, ce n'est pas beaucoup. Et surtout, ils n'ont pas de pouvoir coercitif. L'organisation dit que si les pompiers ou les bénévoles sur le terrain constatent quoi que ce quoi de suspect ou s'ils sont témoins d'une bagarre ou d'une agression, ils contactent aussitôt la Sûreté du Québec.

En fait, on a plutôt l'impression que l'organisation du festival veut se donner bonne conscience et, surtout, éviter les conséquences négatives d'une médiatisation importante d'éventuels cas de violence sur l'image de marque de l'événement.

Difficile de dire si une dizaine de pompiers et une poignée de bénévoles supplémentaires auraient pu permettre d'éviter l'un ou l'autre des trois incidents survenus pendant le Festival western de Saint-Tite. Difficile surtout de dire si ce sera suffisant pour empêcher un événement violent à Louiseville. Dans des événements de cette ampleur, il faut davantage de ressources et de moyens pour assurer une sécurité adéquate. Et comme les moyens sont souvent limités et que ces événements vivotent souvent au gré des subventions et des commandites qu'ils reçoivent, on ne verra pas le budget de sécurité - lorsqu'il y en a un - doubler ou tripler.

Il faudrait surtout en arriver à éliminer ce passe-droit presque folklorique qui consiste à tolérer le fait que les festivaliers puissent déambuler avec une bière ou un verre d'alcool à la main. Cette pratique interdite par la loi est sévèrement réprimandée en temps normal, ailleurs que dans les limites spatiales et temporelles d'un festival populaire. Si au moins on pouvait confiner les buveurs aux établissements dûment licenciés ou aux lieux de spectacles qui détiennent un permis approprié, ce serait déjà ça. Ça éviterait, entre autres, que quelqu'un puisse se servir d'une bouteille de bière comme arme, comme ce fut le cas pour Mathieu Grégoire, une des trois victimes d'une agression à Saint-Tite.

Il y a tellement moyen de passer d'agréables moments dans ces festivals autrement qu'en se promenant bière à la main sur la rue ou dans un parc. Et à ce propos, les gens du Festival de la galette ont concocté une programmation intéressante, à la hauteur de l'accueil chaleureux qu'ils ont l'habitude de déployer pour leurs visiteurs.

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