L'arrogance punie

Lise Thibault... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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Lise Thibault

Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

Ça prenait un sérieux culot pour refiler la facture de ses sous-vêtements, de son divorce, de ses voyages de pêche ou de ses partys de famille aux contribuables, sous prétexte qu'elle était en devoir 24 heures par jour durant son mandat! Sans compter les remboursements de repas à deux endroits en même temps, les réparations à sa résidence secondaire, les sommes investies dans son REER, etc.

Le juge Carol St-Cyr n'a pas cherché à minimiser le cas de Lise Thibault. Il est allé jusqu'à dire qu'elle avait mis en place une culture de la tromperie, qu'elle avait bel et bien floué les contribuables, qu'elle avait profité de son statut, qu'elle se préoccupait davantage de son image que du tort qu'elle a pu causer et que ses remords ont été pour le moins très mitigés.

Le juge a certes tenu compte de son âge et de son état de santé, bien qu'on ne sache pas de quoi il s'agit, mais il lui a bien imposé une peine de prison ferme de 18 mois (elle aura peut-être droit à une libération conditionnelle dans quelques mois) et l'obligation de rembourser Québec et Ottawa pour un montant de 300 000 $. On ne peut pas parler de traitement de faveur.

La sentence aurait pu être bien plus sévère, c'est vrai, puisque Lise Thibault faisait face à un maximum de 14 ans d'emprisonnement pour fraude et abus de confiance (bien qu'une telle peine soit réservée aux récidivistes), mais elle apparaîtra raisonnable aux yeux d'un grand nombre. Ce n'est pas tous les jours qu'un juge envoie l'ex-représentante de la reine derrière les barreaux.

Le geste est quand même fort et ce n'est pas un an de prison de plus qui aurait frappé davantage l'opinion publique. La sentence du juge indique bien que personne n'est au-dessus des lois, fut-elle une personnalité de 76 ans handicapée qui s'applique à prétendre qu'elle n'a rien à se reprocher, même après avoir elle-même fini par admettre ses torts en plaidant coupable, l'automne dernier, aux accusations qui pesaient contre elle. 

Si Lise Thibault n'avait pas cherché à se dérober face à la justice pendant des années en essayant de faire admettre qu'elle avait droit à l'immunité royale, et donc qu'elle ne devait pas être poursuivie pour quelle que faute que ce soit, ou encore si elle n'avait pas avec mépris tenté de gagner du temps en rejetant la faute sur les fonctionnaires, elle aurait évité un très très long procès qui aura coûté cher à l'État et elle ne se serait peut-être pas totalement déconsidérée aux yeux du public. Son attitude arrogante n'a pas plaidé pour elle.

On peut dire que justice a été rendue.

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