Le Festival western: la critique d'une société

Certains viennent au Festival western de Saint-Tite pour... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Certains viennent au Festival western de Saint-Tite pour les activités, d'autres pour le party.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Une semaine par année, on permet aux gens de consommer de l'alcool dans les rues de Saint-Tite. On s'achète une bonne bière d'À La fût qu'on attrape to the go juste à temps pour un tour de calèche. On trinque au soleil, à la chaleur et à la fête. Parce que l'alcool est avant tout un phénomène social et rassembleur. Pas un danger.

Douze cas de crimes sont survenus durant la semaine, dont trois ont été sujets d'articles publiés sur Internet. Trois garçons malchanceux, mais surtout trois histoires pas roses qui minent l'image du Festival. On se soulève en disant non à l'homophobie pour un, non à la violence gratuite pour l'autre, en parlant du manque de sécurité d'abord et avant tout. Ne serait-ce pas d'abord une question d'humanité? De gros bon sens?

600 000 visiteurs en dix jours dans un village de 4000 résidents. Beaucoup, me direz-vous? Oui. Depuis ses débuts, le Festival n'attire pas seulement des adeptes de rodéo et de danse en ligne. Le West, c'est aussi des gens qui veulent faire le party et qui abusent aussi. Comme vous et moi. Sauf qu'à un certain niveau, on risque de tomber du mauvais bord et on ne peut plus revenir en arrière.

Nous ne sommes pas invincibles; enfin, je crois. Si tu fais partie des yolo de ce monde et que tu t'acceptes, tant mieux. Ou tant pis.

Sachez pourtant que les coins noirs, à Montréal comme à Saint-Tite, sont à éviter. Un policier ne restera pas derrière la petite école toute une nuit pour peut-être sauver quelqu'un à 5 h du matin qui va peut-être être trop saoul pour refuser de suivre des inconnus dans un lieu où il n'y a pas âme qui vive. Les agents de sécurité sont là pour gérer une foule, pas des balançoires vides.

Toi qui sais que tu tapes sur les nerfs du peuple quand t'as bu et qui sais que ça fait serrer les poings, lâche ta bière. Là, je m'adresse à ceux qui refusent d'évoluer. À ceux qui s'en câlissent.  Ça fait mal d'entendre des histoires de gars trop saouls et de pines qui virent au vinaigre dans mon coin tranquille mauricien parce qu'on n'a pas su se tenir. C'est dommage. Tsé comme genre frapper à coups de bouteille de bière la tête d'un homosexuel! Ça, ça me donne le goût de sacrer. Sors de chez toi un peu, s'il te plaît. Nous sommes en 2015.

Et les petites jeunesses de treize ans trop ivres pour se tenir debout parce qu'on n'a pas su leur dire. Qu'on n'a pas pu leur dire que la vodka ne se boit pas comme de l'eau. Je leur dirais, moi, qu'elles ne sont pas obligées de se faire spotted. Si la bière qu'elles tiennent entre leurs mains est dégueulasse, qu'elles n'en callent pas six pour être comme les autres. L'alcool ça frappe d'un coup et après tu perds tes moyens. T'es plus toi. Penses-y.

Au fond, ce qui est lourd, c'est de porter le poids du monde pendant une semaine. Le western n'est pas seulement le western, c'est la réplique d'une société.

Laurianne Deschâtelets

Saint-Tite

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