Mon vote stratégique

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Le Nouvelliste

Au début de cette interminable campagne électorale, plusieurs commentateurs affirmaient que les Québécois devaient voter «stratégique» pour se défaire du «terrible» gouvernement conservateur de Stephen Harper. Le Bloc est fini, il faut passer à autres choses... Il y avait aussi l'argument de certains ténors fédéralistes qui disaient que ça ne donne rien d'être dans une opposition perpétuelle. Et que ce vote stratégique devrait obligatoirement aller du côté néodémocrate.

Ces commentaires soulèvent certaines interrogations. Avons-nous été bien servis par les partis fédéralistes lorsqu'on leur donnait le pouvoir sur un plateau d'argent? Quelle serait la différence entre un gouvernement Mulcair, Trudeau ou May pour les Québécois? (Je n'ai pas nommé Stephen Harper, car il semble être un dangereux bonhomme sept heures...) Y gagnerions-nous au change? Enfin, pourquoi donner ce pouvoir aux néodémocrates? Sont-ils si près de nos valeurs et de nos besoins que cela?

À l'heure actuelle, le NPD se maintient au Québec et en Colombie-Britannique. Les conservateurs sont toujours forts dans l'Ouest et pourraient créer des surprises en Ontario. Les sondages démontrent une remontée du PLC de Justin Trudeau en Ontario. Vu que ce parti est également fort dans les Maritimes, nous pourrions nous retrouver avec un gouvernement minoritaire libéral ou néodémocrate et même conservateur, au pouvoir le 19 octobre. Tous des partis fédéralistes.

Ceci représente un grand danger pour les demandes historiques du Québec, d'autant plus que nous sommes gouvernés au Québec depuis avril 2014 par un gouvernement ultra-fédéraliste, celui de Philippe Couillard, déconnecté de la réalité québécoise et voué au discours fédéraliste et multiculturaliste. Monsieur Couillard démontre une indifférence totale face aux revendications historiques (Duplessis, Lesage, Bourassa) et culturelles des Québécois. Donc, dans cette élection fédérale, je crois que les Québécois ne doivent pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier fédéraliste comme en février 1980.

Revenons à l'argument qui incite à voter pour le parti qui sera au pouvoir: lors de cette élection de 1980, les Québécois avaient donné une forte majorité parlementaire à Pierre Elliott Trudeau avec 74 députés québécois sur 75 au Québec. Ces élus ont-ils défendu les demandes historiques du Québec? Non, ils se sont servis de cette majorité pour aller de l'avant avec le rapatriement unilatéral de la Constitution sans le consentement de l'Assemblée nationale.

Ainsi, si les Québécois accordent leur soutien au NPD comme ils l'ont fait en 1980 envers le PLC, ils pourraient se réveiller avec un terrible mal de tête dans quelques années et se dire: j'aurais dû...

Pour ma part, mon vote est stratégique, je voterai Bloc québécois en espérant un gouvernement minoritaire à Ottawa où tous les partis devront négocier pour avoir un consensus sur le budget, les programmes sociaux et tenir compte des intérêts québécois dans ce pays (pipeline, transport ferroviaire du pétrole, lutte au réchauffement climatique, etc.)

L'argument de voter du côté du pouvoir est un miroir aux alouettes. Les partis élus agissent en fonction de leurs intérêts, nonobstant leurs promesses. Peut-on leur faire confiance aveuglément?

Le passé du PLC et de Justin Trudeau me recommande d'être méfiant à l'égard de ce parti et de son chef. Le NPD est une réplique des libéraux depuis l'accession de Thomas «Tom» Mulcair à sa tête.

Mon vote sera donc stratégique! Je vote Bloc québécois en souhaitant avoir un gouvernement minoritaire qui forcera les partis au compromis, au dialogue et au consensus en tenant compte du Québec.

Louis Cadotte

Trois-Rivières

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