Crise des réfugiés: le miroir et la main canadienne

Jour après jour, des milliers de migrants qui...

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Jour après jour, des milliers de migrants qui cognent aux portes de l'Europe.

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Le Nouvelliste

L'été 2015 a été marqué par une crise humanitaire, une autre, qui n'est pas sans rappeler à l'Occident sa double responsabilité internationale. Les millions de réfugiés syriens jetés sur les routes de l'exil ou embarqués sur les rafiots de la mort ne doivent pas nous plonger un peu plus profondément la tête dans le sable. Non seulement le Canada est-il en partie responsable de la situation actuelle mais, qui plus est, il peut et doit agir pour atténuer les conséquences dramatiques inhérentes à ce déplacement massif de réfugiés.

La crise des réfugiés qui secoue actuellement la planète, et la Syrie en premier lieu, émeut l'Occident. D'autant plus depuis la publication de cette photo montrant le petit Alan Kurdi, trois ans, mort noyé, face contre le sable d'une plage de la Turquie. Au-delà de l'insoutenable fragilité de l'être illustrée par cette photo, la réalité du petit Alan n'est que le malheureux aboutissement des décisions politiques et militaires prises par l'Occident, dont le Canada, depuis quelques années.

Le Canada doit maintenant faire face au reflet qui apparaît dans son miroir lorsqu'il s'y mire. Depuis son implication militaire active pour déloger de son trône le dictateur Kadhafi en Libye, jusqu'aux frappes perpétrées contre l'État islamique en Syrie et en Irak, en passant par son intervention armée durant onze ans en Afghanistan, force est de constater que la réponse militaire canadienne aux problématiques mondiales ne porte pas les fruits escomptés.

Certes, Kadhafi ne terrorise plus son peuple, mais qu'en est-il de la situation des Libyens à l'heure actuelle? Bien sûr, les horreurs commises par l'État islamique vont au-delà de l'imagination la plus sanguinaire, mais les bombes canadiennes ont-elles réussi à mettre un terme aux atrocités sur le terrain et à l'exil forcé des Syriens, Irakiens, Libyens, qui n'en peuvent tout simplement plus de vivre sous les bombes, le ventre creux, et sans avenir pour eux et leurs enfants?

Aujourd'hui, nous sommes confrontés à un conflit abominable que nous avons laissé pourrir jusqu'au chaos, notamment en laissant les pétromonarchies (Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis, etc.) nourrir en armes, et non en denrées, les parties impliquées.

Inévitablement, le Canada devra tirer des leçons de ses actions pour éviter que de telles conséquences ne se reproduisent. Mais avant de s'asseoir et de réfléchir aux conséquences de nos actes, nous devons sans tarder tendre la main aux réfugiés pour éviter que d'autres petits Alan ne s'échouent sur les plages et nous rappellent à nos devoirs.

Il est de bon ton, en campagne électorale, de promettre ciel et monde. Le chef du Parti conservateur a promis d'accueillir 10 000 réfugiés syriens d'ici trois ans. Le Nouveau parti démocratique a monté la barre à 46 000 réfugiés sur cinq ans. Le Parti libéral a poursuivi les enchères à 25 000 réfugiés d'ici la fin de l'année. Il est maintenant temps de passer de la parole aux actes. L'ouverture des frontières canadiennes et la simplification des procédures d'accueil constituent un minimum que nous devons faire, considérant l'urgence des circonstances. Mais ce n'est pas tout...

Nous appelons tous les partis politiques à prendre le chemin de la résolution pacifique de conflits au lieu de la provocation militaire. Les politiciens doivent s'engager fermement à contribuer à la diminution des inégalités dans le monde, pierre d'assise de bien des guerres et de bien des conflits.

Jean-Claude Landry

Président du conseil d'administration

Comité de Solidarité/Trois-Rivières

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