L'après 11 septembre

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Au total, 2753 personnes avaient été tuées dans les attentats du 11 septembre 2001 à New York.

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Le Nouvelliste

La journée du 11 septembre dernier nous a rappelé que le monde a basculé à la même date il y a maintenant 14 ans. Nous nous souvenons tous très bien à quel endroit nous étions lorsque ces évènements tragiques se sont déroulés. C'était un mardi, il faisait un temps magnifique et rien n'annonçait ce qui allait arriver chez nos proches voisins du Sud.

J'étais à compiler des données ce matin-là lorsqu'un collègue de travail arriva en catastrophe dans mon bureau en m'informant qu'il se passait quelque chose de terrible à New York: un avion venait de percuter l'une des tours du World Trade Center.

Ce fut alors la course pour trouver un téléviseur dans une salle de conférence. Nous l'allumons et c'est là que nous avons vu en direct le second avion percuter la seconde tour. Nous étions sans voix et incrédules devant ce qui se passait. Nous avons appris au cours de cette matinée que les grandes entreprises nord-américaines demandaient à leurs employés d'être en état d'alerte et d'être prêts en cas d'une attaque sur leurs équipements. Nous avons appris aussi que tous les vols en Amérique du Nord avaient été annulés et que les avions déjà en vol au-dessus du continent étaient dirigés vers les aéroports les plus proches. Un état de guerre venait de s'installer et nous ne pouvions arriver à raisonner convenablement tant les évènements se déroulaient rapidement.

Auprès des groupes d'ingénieurs et techniciens spécialisés en bâtiment, les discussions étaient animées à savoir s'il était possible que les tours puissent s'effondrer suite aux impacts qu'elles avaient subis. Certains le croyaient, d'autres non jusqu'à ce que la première tour s'effondre sur elle-même, suivi peu de temps après par la seconde. Toutes les convictions techniques venaient du coup de s'effondrer à la même vitesse que l'affaissement de ces deux colosses du paysage new-yorkais et, encore aujourd'hui, la question est toujours de savoir ce qui s'est réellement passé.

Le monde a bien changé depuis ces attentats et il suffit de nous rendre aux postes frontières des États-Unis pour comprendre qu'aujourd'hui la liberté est un concept fragile et restrictif, mis à mal par le jeu du terrorisme international et bien loin de l'idée que nous nous en faisions avant 2001. Nous sommes toutefois en partie responsables de cette restriction à notre droit légitime à la liberté et la cause première se trouve dans la peur qui habite les gens, cette peur indigne de nous qui immobilise et s'alimente de l'ignorance, qui fait craindre de façon maladive et paranoïaque sur les intentions de l'autre et qui, doit-on s'en surprendre, fait les choux gras de tous les spécialistes de la sécurité qui ont su reformuler la définition même de ce qu'est la liberté.

Celle-ci est aujourd'hui contrôlée, anthropométrisée, suivie à la trace et il n'est peut-être pas loin le jour où nous nous verrons proposer l'implant de puces à radiofréquences afin que nous puissions être localisés en tous temps.

La symbolique entourant la chute du mur de Berlin n'aura finalement été qu'une trêve, un espoir épisodique d'une humanité ouverte qui s'est effondrée au début du troisième millénaire, car les murailles réelles et virtuelles sont en émergence et ce serait faire preuve de myopie que de croire que cette idée relève de la science-fiction. La laisse électronique qui cloisonne existe déjà avec tous les «e-machins» de ce monde et le concept de vie privée n'est plus qu'une histoire du passé. Ceci est le lourd legs du 11 septembre 2001 et nous devons à cet égard nous en inquiéter car la menace du contrôle absolu sur les individus est tout aussi dangereuse que le terrorisme lui-même.

L'écrivain et journaliste britannique Georges Orwell, avec son livre 1984 publié peu après la Seconde Guerre mondiale, ne serait sûrement pas étonné de constater que certains aspects de son roman d'anticipation font aujourd'hui figures de réalité. Nous n'avons pas à creuser très loin pour en trouver les similitudes et il serait même tentant de croire qu'on nous impose une nouvelle dialectique en nous convaincant, sans trop le percevoir, que les préceptes suivants seront peut-être ceux qui nous guideront un jour: La guerre, c'est la paix; la liberté, c'est l'esclavage; l'ignorance, c'est la force.

Guy Bordeleau

Trois-Rivières

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