Élagage sauvage

Le site de Trois-Rivières-sur-Saint-Laurent en 2013.... (Photo: Archives, Stéphane Lessard, Le NouvellisteAr)

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Le site de Trois-Rivières-sur-Saint-Laurent en 2013.

Photo: Archives, Stéphane Lessard, Le NouvellisteAr

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Le Nouvelliste

Le crime environnemental a été commis à l'été 2014 et à l'été 2015. Un élagage sauvage sur la berge ouest de la rivière Saint-Maurice à Trois-Rivières sur Saint-Laurent.

Étant natif de Trois-Rivières, j'aime cette rivière et ses berges. Voilà quelques années, il n'y avait pas beaucoup d'arbres sur la berge ouest du Saint-Maurice (côté Trois-Rivières). C'était presque désertique. J'avais eu alors l'idée de reverdir la berge.

Depuis, des petits plants ont poussé peu à peu. Aujourd'hui, les Trifluviens ont un coin de terre unique sur le bord du Saint-Maurice; un endroit où l'on retrouve la plus grande variété d'essences d'arbres: pins, frênes, érables, chênes, noyers noirs, cerisiers tardifs, lilas, etc. se frottent aux autres plantes envahissantes comme la vigne et le vinaigrier (de la famille des sumacs).

Et à cette flore, une faune aviaire a établi ses campements sur les berges de Trois-Rivières sur Saint-Laurent. Des canards et toutes sortes d'oiseaux ont fait leurs nids devant la végétation généreuse de ces fleurs et de ces fruits. J'aime tellement ce coin de terre que je vais régulièrement y faire le ménage et y prendre des photos, histoire de voir l'évolution de cette nature.

J'ai très bien fait de conserver quelques photos. Selon le résultat bâclé, il semble bien que les autorités de notre cité veuillent que nous ayons une belle vue sur le bord de cette belle rivière à Trois-Rivières sur Saint-Laurent. Mais à quel prix environnemental?

À l'été 2013, je constate qu'on a systématiquement arraché la plupart de mes pins rouges plantés voilà deux ans. Heureusement, il en subsiste encore quelques-uns.

À l'été 2014, on procède à un émondage rigoureux de la berge. C'était rough, mais peut-être justifié pour protéger la berge d'un affaissement. Si c'était le cas, on devrait s'attaquer davantage aux bateaux de plaisance qui filent à toute vitesse sur le Saint-Maurice créant des vagues géantes sur la rive. En outre, la prolifération des marmottes et des petits rongeurs qui grugent allègrement la berge devrait aussi faire l'objet d'une attention particulière.

Mais cet été, on a poussé le travail d'élagage à un zèle excessif; c'est carrément un élagage sauvage. Un chantier horrible sans aucun respect pour l'environnement sur bien des points de la berge, aux allures de coupe à blanc.

D'accord, il est agréable d'avoir une belle vue sur le Saint-Maurice pour les promeneurs, mais de là à détruire l'habitat de la faune aviaire de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, c'est un genre de progrès que je ne partage pas, monsieur le maire!

La déforestation urbaine est le plus grand mal de la décennie dans notre développement. Quand nous en prendrons sérieusement conscience, il risque probablement d'être déjà trop tard. Un tel élagage est une honte que nous ne pouvons passer sous silence. Il nous éloigne de notre environnement et de notre humanité faisant partie d'un tout sur la planète.

Jocelyn Landry

Trois-Rivières

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