La rentrée scolaire d'ici et d'ailleurs

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Le Nouvelliste

Pour des milliers d'écoliers, c'est la rentrée des classes. Dans un pays relativement riche, la plupart de ces jeunes bénéficieront de certains avantages auxquels les enfants de plusieurs pays en voie de développement ne peuvent avoir accès. Ils vont vivre dans des classes bien aérées, chauffées où il est prioritaire de leur donner des incitatifs à leur réussite sur le plan académique et social. En effet, beaucoup d'efforts sont investis pour fournir gratuitement aux jeunes d'ici tous les outils aptes à participer à leur épanouissement. On fournit le matériel scolaire: livres, notes de cours et dans certaines écoles, situées dans les milieux défavorisés, le petit-déjeuner ou une collation.

Il y a des classes spéciales pour les élèves souffrant de handicaps, des psychologues, des orthophonistes, (certes en nombre insuffisant, mais bon...) des services à la vie étudiante, de l'aide au devoir, des bibliothèques, des autobus scolaires, etc. De plus, l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans.

Et si un élève décroche, il peut aller travailler au salaire minimum et s'il trouve le travail ardu, il peut toujours survivre de l'assurance-emploi s'il s'est qualifié, puis de l'aide sociale. Ou encore il pourra décider de se réinsérer dans les classes pensées pour les raccrocheurs. Bref, les enfants au Québec sont généralement bien entourés, voire choyés.

Ailleurs, ce qui frappe le visiteur dans les classes publiques des pays surpeuplés en voie de développement, c'est que la majorité des élèves n'ont pas les moyens d'acheter les livres et les fournitures scolaires. Ils se contentent de mémoriser le cours ou de prendre des notes. Les classes dites normales sont bondées: 45 élèves et plus. Le visiteur sera frappé par l'absence de pupitres individuels, c'est un luxe! Et au lieu de chaises, ce sont des bancs alignés. Ceux qui veulent avoir une place sur un des bancs sont avisés de se présenter tôt avant le début du cours. Bientôt le banc est rempli d'usagers, mais il y en a toujours qui viennent pour s'asseoir au bout en disant: «Pousse-toi» et voilà qu'à l'autre bout quelqu'un débarque. Il se retrouve alors debout à l'arrière ou assis sur le bord d'une fenêtre aux vitres parfois brisées, souffrant de la chaleur au printemps et du froid l'hiver.

D'aucuns penseraient que la différence n'est que d'ordre matériel. Que non! On note deux grandes différences entre l'écolier d'ici et celui de là-bas. La première, c'est dans le rapport entre élèves/parents et enseignants qui est toujours empreint là-bas d'un profond respect et cette attitude crée une atmosphère propice à l'enseignement. On comprend pourquoi les jeunes immigrants accordent ici beaucoup d'importance aux études et à la réussite, car pour un jeune qui ne peut espérer avoir un bon emploi dans son pays d'origine, c'est la misère, c'est la faim. Pour lui, mais souvent aussi pour sa famille.

L'autre importante différence, c'est la grande motivation chez l'élève qui a la chance d'étudier dans ces pays-là. Ici, l'entrée d'argent est essentielle. Et quand le père dit à son fils en train de lire: «À ton âge, moi, je gagnais 100 piastres par semaine!», cela ne favorise pas la motivation pour les études. De même quand le directeur du personnel dit au postulant d'un emploi: «Avec des diplômes, on travaille en Europe, pas ici», cela aussi ne favorise pas la motivation. Et le système d'éducation par son sempiternel changement de programmes, son manque de rigueur dans son évaluation (quand on nivelle vers le bas) accentue la perte de motivation.

Je crois que l'apprentissage du respect envers la hiérarchie et les collègues ainsi que la motivation sont la pierre angulaire dans la réussite scolaire et professionnelle.

Roger Greiss

Secteur Grand-Mère

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