Valoriser l'enseignement

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Le Nouvelliste

Le ministre Blais affirmait récemment qu'il voulait «barrer la route aux étudiants trop faibles» en français» qui souhaitaient devenir enseignants et qu'il était nécessaire de revaloriser cette profession.

Selon lui, la revalorisation de l'enseignement passerait tout d'abord par un contingentement basé sur les compétences en français des futurs enseignants. Nous sommes en accord avec l'idée du ministre, mais il nous semble que ce qu'il propose ne couvre qu'une partie infime du problème.

Oui, la maîtrise du français doit être une priorité pour les étudiants, mais elle ne doit pas être le seul critère de sélection au baccalauréat en enseignement. Outre que d'inculquer des notions académiques, ces derniers doivent donner le goût d'apprendre à leurs élèves. Il est donc primordial que les futurs enseignants possèdent une culture générale développée et non pas seulement une connaissance du français ou des notions à enseigner dans leur domaine.

Également, la valorisation du métier d'enseignant ne peut passer uniquement que par une sélection plus serrée des candidats. Il faut donner aux enseignants l'importance qui leur revient. Ce métier est souvent mal perçu. On entend que les enseignants sont des «bébés gâtés» car on les voit se battre pour leurs conditions de travail et que si celles-ci ne leur plaisent pas, il leur est possible d'orienter leur futur autrement.

Or, les demandes des enseignants nous semblent raisonnables. Ces derniers réussiraient à pallier les problématiques liées, notamment, au bénévolat, à la surcharge de travail et au nombre grandissant d'élèves par classe. Également, il est nécessaire de rappeler qu'il peut être très long pour un jeune professeur avant d'obtenir une stabilité d'emploi. Les premières années sont parfois très précaires. Ainsi, la revalorisation de l'enseignement doit être collective.

Si le Québec formait les meilleurs enseignants au monde, sans leur donner les outils et les conditions nécessaires pour qu'ils puissent bien réaliser leur travail, nous foncerions vers un mur. Nous croyons donc qu'il est important d'offrir aux enseignants un environnement favorable à l'apprentissage de leurs élèves. Mais celui-ci ne pourra reposer uniquement que sur leurs épaules, l'appui de la société sera nécessaire.

Il est paradoxal d'observer que cette volonté de revalorisation de l'enseignement provienne d'un ministre dont le gouvernement est l'un des plus austères que nous ayons connus et que plusieurs de ses coupes soient faites dans le milieu de l'éducation.

Thomas Laberge

étudiant à la maîtrise en science politique

Aurélie Paquet

étudiante et enseignante

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