Un concours de popularité?

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Le Nouvelliste

Il y a quelques jours, un article attirait mon attention. Un billet de Tristin Hopper du National Post titré The nerd who came from nowhere: Stephen Harper knows you don't need to like a politician to elect him (L'intellectuel venu de nulle part: Stephen Harper sait que vous n'avez pas besoin d'aimer un politicien pour l'élire). Ce n'est pas tant le contenu de l'article que le titre qui m'a amené à réfléchir.

Est-ce possible de propulser quelqu'un au pouvoir sans l'aimer ou du moins reconnaître son travail? À première vue, absolument pas! Comment pourrait-on donner notre confiance à un chef en qui nous n'en avons aucune? C'est là que la question se corse; pour qui votons-nous? Le chef? Le député? L'équipe? Le parti? Ou plutôt pour ce qui pourrait être intitulé la vision, la structure et la stabilité comme semble le croire Harper? Les trois premières options apparaissent être les meilleures. Pourtant, en faisant parler les chiffres, on tend davantage à pencher vers la dernière...

Élection du 2 mai 2011

J'en suis venu à regarder les résultats des sondages CROP de 2011 réalisés au Québec à l'égard du gouvernement fédéral et une chose m'a surpris: le mois suivant les élections, l'insatisfaction des Québécois envers le fédéral se chiffrait à 60 % pour atteindre 66 % en décembre. Jusque là, rien d'anormal. Qu'ont fait les intentions de votes? Elles ont haussé de deux points de pourcentage à l'endroit du parti au pouvoir, le Parti conservateur, passant de 15 à 17.

Bon tout ça semble éloquent, mais reste à prendre avec une certaine abstinence.

Le scandale de collusion au Québec est le passage qui parle le plus de lui-même et démontre qu'on ne vote pas tout à fait pour le chef ou le politicien lui-même... Le 6 octobre 2011, en une de La Presse: Charest plie, Québec s'apprête à donner le feu vert à une commission d'enquête. Mais le gouvernement penche pour une formule à huis clos. À ce moment, toujours selon le sondage CROP - La Presse, 72 % de la population était insatisfaite du gouvernement et 67 % croyait que Québec allait dans la mauvaise direction.

Là où tout ça est croustillant et fascinant, c'est au niveau des résultats obtenus aux questions suivantes: pour qui voteriez-vous aujourd'hui (en octobre) et qui ferait le meilleur premier ministre? À la première, le PLQ arrive bon premier avec 28 % des votes, trois points de pourcentage devant le PQ (25 %) et huit devant l'ADQ (20 %) (après répartition) et à la deuxième, Jean Charest, malgré le scandale qui vient tout juste d'éclater sur les dossiers de corruption au Québec, arrive en première place avec 14 % alors que Pauline Marois reçoit 10 % des appuis et Gérard Deltell 8 %. Et le pire dans tout ça, c'est qu'à l'élection suivante, celle du 4 septembre 2012, alors que le dossier de collusion était à un point des plus chauds, les libéraux de Charest sont passés bien près de conserver les rênes du Québec en recevant 31,2 % du suffrage très près derrière le PQ qui recevait lui 31,95 %...

Lorsque l'on constate que le charisme n'influe que très peu sur le suffrage de l'électeur et que l'amour du public n'est que secondaire... ou tertiaire, on ne ressent plus réellement le besoin de se sentir aimé du public pour briguer une élection. Stephen Harper l'a compris. Une déclaration intéressante et surprenante à la fois dans l'article mentionné en introduction y faisait référence: «He'd ditch all the public obligations that come with the job [of Prime Minister] tomorrow, if he could» (Il se débarrasserait de toutes les obligations publiques du métier de premier ministre demain matin, s'il le pouvait), selon un ancien directeur des communications du chef conservateur.

On ne doit pas se surprendre à voir des Jean Charest régner pendant près de 10 ans sur le Québec, ou Stephen Harper également pas loin d'une décennie et peut-être même plus avec l'élection du 19 octobre qui est loin d'être gagnée pour quel que parti que ce soit. Et surtout de voir un certain Donald Trump révolutionner la politique américaine en dominant les sondages de l'investiture républicaine. Le tout en ne se faisant pas que des amis!

Devons-nous vraiment aimer un politicien pour le porter au pouvoir? Plus trop certain...

Alexis Samson

Étudiant en 5e secondaire

Saint-Gérard-des-Laurentides

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