Les médias pourraient faire mieux

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Le Nouvelliste

J'étais aussi inculte envers les para-athlètes et surtout la qualité de leurs performances. J'y ai vu un athlète de 49 ans (!) gagner une médaille de bronze en ne pédalant qu'avec ses mains, des athlètes de rugby et de basketball maniant le fauteuil d'une main et le ballon de l'autre sans s'épargner dans les contacts (bien plus sportif que ces athlètes de 7 pieds qui n'ont qu'à tendre la main pour faire un panier) et j'ai été hautement impressionnée par ces filles exécutant la nage papillon avec un seul bras. Je n'y arrive même pas avec mes deux bras.

La nageuse québécoise de19 ans Aurélie Rivard (sans lien de parenté avec moi) a récolté sept médailles, six d'or et une d'argent, et a battu le record du monde dans le 100 m style libre. Elle n'a qu'un petit handicap à une main, mais a nagé en un peu moins d'une minute. Qui pourrait faire comme elle ? Mais surtout, qui en a parlé ?

Les Panaméricains inondaient les ondes, mais il fallait être aussi flexible qu'une contorsionniste pour visionner les Parapanaméricains, diffusés à Radio-Canada dans un court résumé de minuit à 1 h, après l'insipide reprise de Par ici l'été. Le réseau anglophone s'en sortait un peu mieux. Même notre Nouvelliste local, c'est dommage à dire, n'a écrit qu'un seul article sur deux athlètes en fauteuil roulant à la fin des Jeux. Les médias clameraient probablement que c'est le manque d'intérêt du public qui expliquerait cette faible couverture, mais je crois plutôt que ce sont les médias qui «handicapent» leur image et performance.

À part Chantal Petitclerc et Benoît Huot, combien de para-athlètes pouvons-nous nommer ? Ils ont pourtant gagné 168 médailles, dont 50 d'or. On ne dirait pas à voir la couverture médiatique. Ces athlètes s'entraînent aussi fort, y mettent temps et argent; ils ont vécu rejet, intimidation, maladies, accidents ou réhabilitation pour s'y rendre. Ils ne méritent pas de pitié ou d'être traités différemment, mais juste une couverture médiatique respectueuse et équivalente aux autres.

De plus, on ne se demanderait plus si on devrait intégrer les femmes, les personnes noires, les athlètes homosexuels... alors la prochaine étape serait d'intégrer athlètes et para-athlètes dans les mêmes jeux, chacun avec ses catégories et sports, sous un seul même tableau des médailles. Et souhaitons que les médias fassent leur effort dans cette intégration. Avec les Jeux de Rio à venir, l'an prochain, on a le droit de rêver...I have a dream.

Élise Rivard

Trois-Rivières

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