Si on veut parler de milieux de vie...

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Le Nouvelliste

Dames âgées victimes d'attouchements en CHSLD, personnes qui chutent à répétition, qui errent dans les corridors, limitées physiquement mais intellectuellement alertes, ambulantes, confinées au lit, en fauteuil roulant, autonomes, semi-autonomes, entièrement dépendantes, malades, agressives, dociles...

Quand on parle des personnes âgées, on a tendance à les définir en un seul troupeau aux besoins communs. Quant aux services dispensés, on s'attarde souvent, exclusivement, au nombre de bains reçus hebdomadairement.

Les caractéristiques personnelles? Les besoins particuliers? Les profils? Les intérêts? Les affinités! Autant d'éléments ignorés, refoulés, occultés. Pourtant, toutes ces personnes étaient au départ différentes, autonomes et vivaient leur propre vie, comme nous d'ailleurs, du moins pour le moment.

À ignorer les besoins individuels, on en vient à définir les «milieux de vie» des personnes en fonction des ressources existantes et des besoins de ceux qui y travaillent. Et si on partait des besoins des personnes, au lieu de donner une réponse unique, automatique, pour éviter les précédents, pour se conformer aux structures existantes, mais surtout pour simplifier la dispensation des services, peut-être accepterait-on que des contentions (il en existe pour différents besoins), autres que chimiques, puissent être utilisées, que certaines unités ne soient pas mixtes, que ceux «qui ont toute leur tête» soient regroupés, que ceux qui demandent une attention particulière (agressifs, prédateurs et autres) soient isolés ou regroupés, que certains aient accès à un horaire différent, comme dans la vraie vie, quoi! Faut-il rappeler que lorsqu'on vit en CHSLD, on n'est pas encore mort?

Considérer les besoins des personnes et leurs caractéristiques amènerait sûrement une réorganisation des unités et surtout l'affectation des employés selon leurs intérêts, mais surtout selon leurs compétences.

Nous pourrions alors véritablement parler de «milieux de vie»! Tant que nous nous contenterons de rafistoler les services en fonction des plaintes, qui traduisent de façon très fragmentaire une réalité beaucoup plus inquiétante, nous resterons à la merci des discours syndicaux, dont l'unique et litanique solution est d'augmenter le nombre d'employés.

N'est-il pas étonnant que l'on soit plus intéressés à supporter les gens qui veulent mettre un terme à leur vie, que ceux qui veulent continuer à vivre? Poser la question, c'est probablement y répondre.

Guy Laliberté

Sainte-Monique-de-Nicolet

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