Ça dépasse les bornes

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Le Nouvelliste

En réponse à la chronique de Jean-Marc Beaudoin «Nous sommes tous l'Indien», publiée le 8 août.

«Mais jusqu'où va-t-on aller dans le politiquement correct pour ne pas heurter qui que ce soit ?», écrivait le même jour en éditorial Martin Francoeur concernant le débat sur la nouvelle publicité des Cataractes de Shawinigan.

Effectivement, monsieur Beaudoin a dépassé les bornes. Il écrit: «Du plus loin que l'on remonte dans le temps, les Amérindiens qui habitaient le territoire que nous occupons aujourd'hui étaient nos alliés et nos amis.» Que les Amérindiens de la Nouvelle-France aient été nos alliés, cela ne fait aucun doute. Nous avions besoin d'eux pour trapper les animaux à fourrure dont la vente en Europe constituait l'essentiel du PIB de la colonie et pour combattre les Iroquois qui, au nom des Anglais de New York, tentaient de nous faire quitter le pays pour s'accaparer ce lucratif commerce. En effet, nos gouvernants ont déployé des trésors de diplomatie pour les garder sous notre influence. Mais qu'ils aient été nos amis, ça c'est moins certain.

Notez plutôt comment monsieur Beaudoin tourne sa phrase; il dit: «Les Amérindiens qui habitaient le territoire...», alors que nous ne faisons que «l'occuper». Ça annonce bien la suite des choses. Il écrit: «Ils sont aussi pour beaucoup nos ancêtres donc aussi nos parents...nous pouvons croire qu'une partie du sang qui coule dans nos veines est d'origine amérindienne».

Combien beaucoup? Quelle partie? Il me semblait qu'on en avait terminé avec ces idioties. D'après les registres paroissiaux de la Nouvelle-France, la part du sang indien chez nous n'a toujours été que de 0,5%. Une récente étude portant sur le patrimoine génétique des Québécois publiée en juin 2013 et commenté par J.F. Cliche du journal Le Soleil concluait qu'à peine 1% des gènes de Québécois de souche étaient d'origine amérindienne. Ce qu'on peut affirmer cependant, c'est que les Amérindiens, eux, sont métissés pas à peu près par les gènes européens qui sont aussi les nôtres. Trouvez-moi un Indien de sang pur et je vous donne une palette de chocolat gratuite !

Et tant qu'à écrire des niaiseries, pourquoi pas celle-ci. Monsieur Beaudoin écrit: «On se fait souvent une fierté de revendiquer un tel métissage». Non mais, est-ce que je rêve? Parle-t-on ici des chasseurs et des pêcheurs du dimanche qui vont passer une couple de semaines en forêt ou de jeunes hurluberlus qui affectent n'avoir ni foi ni loi pour justifier leur stupidité ou encore de ceux qui aimeraient bien qu'on leur reconnaisse le statut d'Indien pour bénéficier de plus d'avantages que les autre citoyens? Tout cela n'est que triste folklore d'un peuple qui ne s'appartient pas, qui a une mentalité d'apatride dont monsieur Beaudoin nous donne le mauvais exemple.

Moi, de la publicité des Cataractes, je ne comprends qu'une seule chose: «On va vous massacrer» parlant de l'équipe adverse bien sûr, évoquant les sempiternels combats de rues sur glace auxquels nous a habitués la LHJMQ pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Et monsieur Beaudoin de conclure: « Ici, on a du respect pour les gens des Premières Nations et souvent beaucoup d'admiration». Et j'ajouterais oui, surtout depuis la crise d'Oka! Mais voyons donc, pour la majorité des Québécois, les Amérindiens ne sont qu'une bande de quémandeux qui persistent à vivre en marge de la société et dont les gouvernements se débarrassent en leur versant quelques millions de dollars de temps en temps. Je ne sais pas, mon Jean-Marc, mais moi je crois que tu en fumes du très bon!

Guy Héroux

secteur Cap-de-la-Madeleine

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