Salaire des infirmières

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Le Nouvelliste

Pourquoi ne pas couper les rémunérations que vous venez d'accorder aux médecins de, disons, 3 % pour redonner cet argent aux infirmières! Après tout, c'est ce que vous voulez faire avec les infirmières, leur enlever ce que le gouvernement leur avait donné!

Vous vous demandez peut-être M. Barrette pourquoi c'est dégueulasse de geler le salaire des infirmières alors que vous donnez mer et monde aux médecins. Voilà pourquoi: contrairement à vous, les élus, qui débutent à plein salaire, il faut accumuler un équivalent temps plein de 12 ans pour avoir notre plein salaire, ce qui peut prendre beaucoup plus que 12 ans pour y arriver.

Contrairement aux policiers, qui ont leurs uniformes, leurs souliers et leur matériel de travail payés, de meilleures conventions collectives et de meilleures pensions, nous devons payer tout cela de notre poche. Comme le gouvernement considère les patients selon une approche «client» et que le client est supposé avoir toujours raison, on se fait harceler, injurier et menacer sans pouvoir rien faire, contrairement aux policiers.

Comme tout ce qui est gratuit, on peut cracher dessus car c'est gratuit! Qu'un premier ministre médecin demande à son ministre médecin d'accorder des primes à leurs confrères médecins, c'est carrément de la magouille et le faire payer aux infirmières, c'est de la coercition, voire du trafic d'influence. Si ça s'était passé au privé, il y aurait enquête judiciaire... Mais comme c'est gouvernemental, c'est juste immoral!

De plus, la tâche à accomplir et ses répercussions personnelles sur le personnel sont invraisemblables: qu'une mère de famille, souvent monoparentale, ne sache jamais si elle va pouvoir s'occuper de ses enfants à la fin de son quart de travail car elle ignore chaque jour si elle ne sera pas forcée de rester travailler obligée, ça a un prix! Ne pas pouvoir avoir de l'aide lorsque surchargée de travail et arriver chez elle à moitié morte, ça a un prix! Travailler une fin de semaine sur deux et ne pas pouvoir prendre ses congés fériés et ses vacances quand on le veut, ça a un prix!

Contrairement aux médecins, on ne peut pas canceller les rendez-vous ou finir le vendredi midi! D'ailleurs, ces chers médecins de famille, qui disaient qu'ils étaient tellement surchargés de travail qu'ils ne pouvaient pas prendre plus de patients, ont miraculeusement trouver le temps de s'en occuper grâce à une prime substantielle! Si c'est la solution qui marche pour les médecins, pourquoi ne pas faire la même chose avec les infirmières, ou bien votre logique ne fonctionne qu'avec vos confrères? Il ne manque que l'insulte à l'injure! La justice, M. Barrette, la justice! C'est tout ce que l'on demande! Pas de deux poids deux mesures.

Jean Noël Béliveau

infirmier

Trois-Rivières

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