Passeport pour la malbouffe

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Le Nouvelliste

À la radio d'État, pourquoi l'été serait-il un passeport pour la malbouffe?

L'été est la période de l'année qui nous permet d'avoir sur nos tables d'excellents produits santé et de saison. Pensons à l'arrivée des asperges, des têtes de violon, les fruits de la pêche à la truite, au doré, à l'éperlan de nos lacs; à l'arrivée des fraises, framboises, cerises, des salades et nombreux légumes frais du jour; à la production de fromages fins à partir du lait aromatisé par les herbages des pâturages nouveaux. Que de recettes savoureuses, que de mélanges à découvrir, que de chimie alimentaire à expérimenter, que de produits santé à faire connaître sous toutes ses formes composant une multitude de petits plats pour nos lunchs et piques-niques. L'arrivée de la belle saison apporte l'explosion des saveurs et des vitamines santé; c'est aussi le libre recours à l'imagination et aux découvertes gustatives.

Pourtant, Radio-Canada Mauricie et l'équipe de Chez nous le matin, y voient la saison de mettre en valeur la malbouffe avec sa Virée des casse-croûtes, le concours des corps gras, des glucides, des épices masquantes et dominantes qui font saliver, et ballonner, pour un mélange de patates, sauce, fromage arrosé d'un breuvage trop sucré. Mal se nourrir quand les bons aliments sont importés de l'autre bout de la planète peut se justifier par des critères économiques, mais aucune justification ne permet de mettre en valeur cette nourriture tue-monde en période d'abondance de choix de saveurs régionales.

Si Radio-Canada, société d'État, a un rôle éducatif auprès de ses auditeurs, ses porte-paroles devraient faire des efforts pour faire connaître les petites haltes locales qui mettent en vedette les produits alimentaires régionaux sains et de santé. Un petit casse-croûte routier qui met en valeur les produits régionaux, de saison et santé, il en existe quelques-uns et c'est cette tendance qui devrait être valorisée par nos médias. Il y a moyen, en voyage, de se nourrir dans des restaurants de cuisine rapide sans s'empiffrer de saucisses au pâté de sabot ou d'ergots de volailles désossés mécaniquement, accompagnés d'un bol gluant de glucides bruns sur lesquels sont saupoudrés quelques grains de fromage frais et caoutchouté sans saveur, si ce n'est du sel ajouté. Rien à voir avec les recommandations du Guide alimentaire canadien.

Les bonnes habitudes alimentaires et les saveurs de saison devraient être priorisées par nos médias, surtout la radio publique, dont la source de financement est la même que celle de Santé Canada. Faire l'éloge de la malbouffe c'est enrichir les multinationales de l'alimentation douteuse et celles des médicaments. Faire l'éloge des glucides, des gras et du sucre c'est aussi faire croître nos tours de taille au détriment de notre santé. Personne n'y gagne sauf les fabricants de produits pharmaceutiques.

La bouffe saine, c'est bon pour les papilles, c'est bon pour la santé des gens, c'est bon pour l'image de marque régionale, c'est bon aussi pour la panoplie de producteurs agricoles d'ici. De plus, c'est bon pour la créativité de nos chefs qui concoctent de bons plats, des accompagnements colorés et finalement, c'est bon pour l'économie régionale.

Louis Perron

Trois-Rivières

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