C'était un brillant écrivain

L'écrivain Joël Champetier, décédé le 30 mai....

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L'écrivain Joël Champetier, décédé le 30 mai.

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Le Nouvelliste

En guise d'hommage à Joël Champetier, décédé le 30 mai, je désire présenter avec humilité et respect une lettre que j'aurais dû lui envoyer de son vivant, ayant ainsi l'impression de m'acquitter d'une dette morale et d'estime à son égard.

«Monsieur Champetier,

J'ai correspondu avec vous il y a plusieurs années. D'autres lecteurs doivent avoir agi ainsi pour vous exprimer leur admiration. Moi, deux de vos livres m'ont totalement conquis.

C'est en parcourant une revue consacrée à la littérature québécoise, à la bibliothèque de Sainte-Thècle, que je vous ai découvert vous et votre fameux livre qui vous a valu à l'époque le Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois: La Mémoire du lac. Je m'étais plongé dans sa lecture, à vrai dire pour vérifier le bien-fondé des éloges de la critique à son endroit et pour ne pas, bien sûr, bouder mon plaisir de féru de fantastique en littérature et au cinéma.

Je mentirais d'affirmer me rappeler très bien de La Mémoire du lac. Il y a longtemps que je l'ai relu. Pourtant, m'être senti happé par la scène initiale de l'incendie, avoir goûté des perles d'angoisse comme la présentation de l'intérieur de la maison déserte, la réplique d'un personnage disant à peu près ceci: Il n'est pas prudent que je vous parle de ces choses quand je suis dans l'ombre» et l'évocation de la menace recelée dans le lac, cela survit dans mon souvenir. Et j'ai le goût de m'y remettre.

Je rédigeai une longue lettre admirative et la fis parvenir à l'éditeur montréalais pour qu'elle vous soit transmise. Grande fut ma stupéfaction en recevant par la poste une lettre de vous, de chez vous à Saint-Séverin. Mes mots sont faibles, monsieur Champetier, pour vous exprimer l'immensité de ma gratitude à votre égard. Je m'en voudrais de ne pas souligner votre gentillesse lorsque j'ai eu la chance de vous rencontrer par la suite dans un commerce à Saint-Tite et lors d'un Salon du livre à Trois-Rivières. Un homme de classe et de commerce agréable!

J'éprouvai un coup de foudre semblable à la lecture de votre roman La Peau blanche. Quel coup de maître que d'actualiser le thème du vampire au Québec dans les années 1990, avec sérieux, cohérence, beaucoup de tension et d'angoisse. L'admiration va aussi pour le film du même titre qui en a été adapté, réalisé par Daniel Roby et que vous avez coscénarisé avec lui. Deux oeuvres magistrales qui, comme en 1997, m'ont motivé à vous écrire. Avec tout autant d'affabilité qu'alors, vous avez répondu, en 2007, à ma seconde lettre. Ces lettres reçues je les conserve comme deux biens précieux. Je les relis parfois.

Stephen King (Salem), Richard Matheson (Je suis une légende), Peter Straub, Ray Bradbury; auprès de ces noms légendaires, le vôtre ne jurerait pas. Dans une liste des meilleurs romans fantastiques, toutes époques et tous pays confondus, La Mémoire du lac et La Peau blanche pourraient y avoir une place. Pour le film La Peau blanche, il tient bien la comparaison avec Morse, un chef-d'oeuvre suédois du film de vampires. Vous voyez que l'admiration ne s'est pas éteinte.

Je regrette d'avoir une moindre connaissance du volet science-fiction de votre oeuvre, et de ne pas considérer comme il se devrait tous vos efforts et votre dévouement pour la revue Solaris. Pour me faire pardonner, toutefois, sachez qu'à la bibliothèque de Sainte-Thècle, il y a sur les rayons L'aile du papillon et Reset - Le voile de lumière. Je me promets bien de les lire et de vous faire part de mes commentaires qui ne manqueront sûrement pas de vous être favorables.

Merci, cher homme. Au revoir!»

Jean Gingras

Sainte-Thècle

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