Absence de dialogue

Le commissaire scolaire Patrick Charlebois.... (Photo: Andréanne Lemire, Le Nouvelliste)

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Le commissaire scolaire Patrick Charlebois.

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Le Nouvelliste

Avec en fond de toile l'ensemble des coupes imposées au système d'éducation depuis plusieurs années à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, nous avons eu la confirmation par le ministre Blais que les élections scolaires seront abolies. Non seulement l'audace du ministre Blais n'a pas impressionné les participants présents à l'assemblée, mais elle a mis en évidence que ce dernier refuse tout dialogue possible pour faire avancer la cause de nos élèves.

En effet, ce qui est le plus inquiétant dans la déclaration du ministre, c'est qu'il ne parle que de structures administratives, de gouvernance, au lieu de parler de pédagogie, de service aux élèves et de réussite scolaire. Étant donné que le ministre Blais est le 5e ministre de l'Éducation au Québec en autant d'années, je me serais attendu à plus de profondeur de sa part dans son approche et surtout, plus d'ouverture.

Ce congrès a été qualifié «d'historique» par la présidente de la FCSQ Josée Bouchard, compte tenu du vaste chantier qui s'annonce dans le milieu de l'éducation à l'automne. Comme commissaire scolaire, l'arrivée d'un projet de loi à l'automne m'inquiète beaucoup, tant par sa nature et que par sa forme.

D'abord, la nature du projet loi est actuellement inconnue de tous les intervenants concernés, tant les commissaires scolaires, les directions d'établissements, les syndicats, les parents et j'en passe. Ces intervenants en ont beaucoup à dire sur l'avenir de nos écoles et je me questionne sur le fait que le ministre ne veut toujours pas tenir une large consultation publique sur l'avenir du système public d'éducation. Durant la dernière campagne électorale provinciale, inutile de rappeler qu'il n'a jamais été question d'abolir la démocratie scolaire par le présent gouvernement. En fait, il n'y a jamais eu de débat sur la question et le seul argument qui justifie une telle réforme selon le gouvernement est le faible taux de participation aux dernières élections scolaires. Un argument assez court, vous en conviendrez.

Sur le fond, ce projet de loi sur l'abolition des élections scolaires pour faire place à des nominations serait un net recul pour notre système d'éducation en Mauricie et au Québec. Aux dernières élections, en novembre dernier, j'ai été élu par quelque 900 citoyens avec un taux de participation d'un peu plus de 10 %. Ce niveau de participation est trop bas, j'en conviens, et nous savons qu'il y a différentes façons de corriger la situation. Franchement, j'aime mieux être élu par seulement 10 % de la population, qu'être nommé par un ministre sur un conseil d'administration.

La FCSQ a d'ailleurs parrainé un sondage auprès de la firme SOM qui a été rendu public ce week-end, qui indique que 59 % de la population du Québec est contre l'abolition d'élus scolaires, un palier de gouvernement 100 % dédié à la cause de l'éducation et de l'avenir de nos enfants. N'est-ce pas révélateur d'une population qui désire conserver son mot à dire sur la gestion d'une partie de leurs taxes?

Comme élu scolaire, je suis toujours à la recherche d'optimisation dans la gestion de nos ressources dans le monde de l'éducation pour améliorer les services aux élèves et je suis ouvert à revoir nos façons de faire. Mais lorsque nous faisons face à un ministre de l'Éducation qui ne veut rien entendre des différents partenaires du monde scolaire et qui refuse de dialoguer, cela relève davantage du dogmatisme que de la recherche d'efficience.

Patrick Charlebois

Commissaire scolaire

CS du Chemin-du-Roy

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