Reine d'apparat et règne monarchique

Lise Thibault... (Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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Lise Thibault

Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

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Le Nouvelliste

Surprenant de constater comme l'humain, aujourd'hui encore, se laisse influencer par les titres, la noblesse, les apparences.

Dans certaines opinions exprimées ce vendredi 29 mai dans Le Nouvelliste, on s'indigne du traitement fait à Son Excellence Lise Thibault. On prétend que des entrepreneurs, des mafieux, des magouilleurs ont bénéficié d'un traitement plus généreux et magnanime que celui dont notre quasi-reine du Québec a bénéficié. On prétend que n'ayant «détourné» (pour ne pas dire volé) que des broutilles, lorsque comparé à d'autres, elle ne mérite pas la punition qui lui est imposée. On reporte la faute sur les gouvernants qui n'ont pas su encadrer ses actions, décisions et comportement. On blâme ses administrateurs qui auraient dû la modérer dans ses comportements (et prétentions) royaux.

Les mafieux, les arnaqueurs (tout comme, malheureusement, certains entrepreneurs) cela fait partie de leur mandat, pour ainsi dire, que de frauder, voler et détourner des fonds privés ou publiques. Une personne portant le chapeau (ou la couronne) de lieutenante-gouverneure du Québec, quant à elle, n'est pas supposée avoir les mêmes prérogatives que ces gens-là.

Qu'on soit d'accord ou pas avec le fait royal au pays, elle est la représentante de la reine au Québec! À ce titre, elle se doit d'être un exemple de droiture, d'honnêteté, d'équité et de justice pour tous les sujets de Sa Majesté.

À la lecture des faits qui lui ont été reprochés et dont elle a été jugée coupable par la justice, le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle a gravement failli. Fraude, abus de fonds publics, d'autorité, de confiance. Refus de reconnaître ses torts et report de ses malversations sur autrui. Arrogance, mensonges, ego démesuré à outrance, mesquineries, victimisation et que sais-je encore! Elle a du charisme, nous dit-on, dans un commentaire certes bienveillant.

Je l'espère bien! Occuper un tel poste sans être doté de «la chose» serait une aberration. Bien des dictateurs en ont du charisme; de vils criminels aussi. Si l'on se penche sur l'actualité, on s'aperçoit vite que des gens charismatiques abusent des deniers publics et de leur autorité sans aucun bon sens. Charisme et honnêteté ne vont pas forcément de pair.

Étrange comme on se laisse impressionner (et berner) par les titres et les brillants discours. Incroyable comme on peut confondre, selon l'expression consacrée, des vessies avec des lanternes. On vous donne le titre de roi (même si vous étiez auparavant un manant) et vous voilà investi de la vérité; et si, d'aventure, il advenait que vous fassiez fausse route, vous serez d'avance pardonné! N'êtes-vous pas le roi?

Quant à moi, que l'on soit encore pris avec des relents de monarchie au Québec et au Canada m'intrigue royalement! Comment une société dite civilisée et avancée peut encore vouer allégeance à une personne (empereur, reine ou un roi... on s'en tamponne) et s'exalter de la naissance d'un de leurs rejetons, voire même, verser des deniers publics à ses parents en guise de remerciement pour «avoir perpétué la monarchie».

Dans ces pays que l'on appelle des républiques, on a évacué la royauté depuis des lustres. Est-on moins bons ici?

A-t-on encore besoin d'aduler des monarques?

Est-ce une tradition biblique qu'il nous faut mordicus perpétuer? Et on dénonce, à s'en éclater les poumons, l'établissement d'un Califat au Moyen-Orient!

Allez! Je vais de ce pas procéder à une analyse de mon sang!

Des fois qu'il serait bleu... morbleu!

Malik Hammadouche

Trois-Rivières

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