Québec finance Desjardins

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Le Nouvelliste

«Capital régional et coopératif Desjardins»; est-ce que ça vous dit quelque chose? C'est la «nouvelle» formule financière développée par Desjardins et les gouvernements successifs du Québec pour capitaliser l'institution financière coopérative Desjardins.

Ainsi, les citoyens (membres ou non membres de la coopérative financière) peuvent acheter du capital de risque dans le Mouvement Desjardins, le tout aux frais du gouvernement québécois pour 45 % des montants investis.

La formule est un classique: vous achetez ce «capital-action» de Desjardins pour un maximum de 3000 $ (par année, par personne), et jusqu'à concurrence de 45 % de cette somme maximale investie, le gouvernement soustraira la somme de 1350 $ de votre impôt provincial à payer! Autrement dit, investissez 3000 $ et recevez un chèque de 1350$ du gouvernement du Québec; vous aurez ainsi à votre nom des parts en capital de risque du Mouvement Desjardins pour une valeur de 3000 $ qui ne vous auront coûté que 1650$ !

Avez-vous déjà acheté un bien au prix de 1650 $ alors qu'il en valait 3000 $? Quel est votre risque d'acheter du capital-action pour moins de 45 % de sa valeur, et ce, auprès d'une entreprise bancaire considérée comme la deuxième plus solide au monde et la première en Amérique du Nord par l'agence d'information financière Bloomberg News?

Quand Québec accorde une déduction de votre impôt à payer de 45 % de la valeur de vos achats en capital de risque chez Desjardins, le gouvernement du Québec (vous et moi) finance la financière coopérative Desjardins pour fermer des anciennes caisses populaires partout en province afin de satisfaire les agences de notation américaines et européennes, et répondre aux accords financiers de Bâle III dont Desjardins est signataire.

Selon Desjardins et le journal Le Devoir (12 mai 2015), c'est plus de 1,5 milliard $ que Desjardins conserve dans sa capitalisation depuis que la formule magique a été instaurée; à bien calculer depuis 2001, ce n'est rien de moins qu'environ 750 millions $ que les gouvernements du Québec ont accordés à cette «coopérative» pour qu'elle dévitalise les villages et régions de tout le Québec de nos centres de services financiers «coopératifs». Tout ça pour faire plaisir à des non-membres qui semblent totalement la diriger de loin par ses accords internationaux.

Ne sommes-nous pas en période d'austérité au Québec? En 2015, c'est plus de 58,5 millions $ dont fera cadeau le gouvernement du Québec au Mouvement Desjardins. Nos impôts qui doivent servir aux responsabilités de l'État québécois (l'éducation, la santé, etc.) vont dormir dans les états financiers d'une quasi-banque qui déclare des centaines de millions de trop-perçus sur le dos des membres et citoyens du Québec. Tout ça pour recevoir de moins en moins de services d'épargne et de crédit de «notre» coopérative financière, là où nos citoyens en ont besoin.

Au fait, la publicité Desjardins dit que Capital régional et coopératif Desjardins s'adresse aux personnes qui veulent réduire leurs impôts et qui ont des revenus élevés...

Desjardins a définitivement un examen de conscience à faire envers ses membres épargnants, et le gouvernement du Québec a des devoirs à refaire envers les citoyens ordinaires de toute la province qui gagnent difficilement leur pécule.

François Champoux

Trois-Rivières

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