Pyrrhotite : lettre à Maxime Bernier

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Le ministre d'État à la Petite entreprise, au Tourisme et à l'Agriculture, Maxime Bernier.

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Le Nouvelliste

Dernièrement, la députée du NPD, Ruth Ellen Brosseau, vous a interrogé concernant l'aide aux victimes de la pyrrhotite lors d'une période de questions de la Chambre des communes.

Conformément au manque d'empathie que votre gouvernement affiche envers nous, vous avez une fois de plus joué sur le très élastique registre des compétences fédérales-provinciales afin de nous maintenir la tête sous l'eau. Cependant, cette fois-ci vous avez poussé l'audace jusqu'à nous afficher un sourire de mépris à la suite de votre réponse.

Par cette action, vous avez insulté profondément les citoyens de la Mauricie ainsi que vos électeurs beaucerons. En effet monsieur Bernier, vous avez négligé un aspect fondamental de l'histoire de votre région ainsi que celle de la Mauricie. En consultant les ouvrages concernant l'histoire de la Mauricie, vous y découvrirez que de nombreux Beaucerons sont venus, au cours de la première partie du vingtième siècle, trimer durement dans les chantiers de la forêt mauricienne. Avec les argents engrangés, ces infatigables travailleurs sont retournés dans leurs paroisses respectives et y ont favorisé le développement économique.

À ce titre, je suis très fier du fait que mon grand-père paternel, ainsi que certains frères de ma grand-mère, fassent partie de ces courageux Beaucerons qui sont venus travailler du lever du jour à la tombée de la nuit, dans les rudes hivers de l'époque, pour bucher la forêt de la Mauricie. Après y avoir sacrifié une partie de leur santé, avec leurs économies durement gagnées dans les conditions de travail de l'époque, mes ancêtres ont fini par revenir s'installer dans leur paroisse d'origine, Saint-Elzéar-de-Beauce. Finalement, ce sera sur une ferme de Saint-Bernard-de-Beauce que mes grands-parents s'installeront définitivement avec leur marmaille. Aujourd'hui, c'est mon cousin, qui exploite la ferme avec l'aide de sa propre famille et, avec le caractère entrepreneurial qui caractérise les Beaucerons, ils sont en voie de devenir des acteurs prédominants de la culture du houblon au Québec.

Dans le cadre de mon travail, j'ai parcouru les quatre coins de la Mauricie durant trois ans et depuis deux ans, c'est la Beauce que j'arpente au quotidien. Il ne fait aucun doute pour moi que les Beaucerons et les Mauriciens partagent de nombreux traits socio-culturels communs. Ce sont des gens de caractère, fiers, disciplinés et extrêmement travaillants. Ce sont des gens, avec raison, fiers de leur région respective.

Ainsi, soyez assuré que de plus en plus de Beaucerons sont très sensibles à ce que les Mauriciens vivent en regard de la crise de la pyrrhotite. Je vous invite donc à en prendre acte lors de vos prochaines interventions. Également, ne soyez pas surpris de croiser des gens arborant le carré gris dans votre circonscription au cours des prochains mois.

Par ailleurs, en ce qui a trait à votre interprétation des compétences fédérales-provinciales, je vous inviterais à former un comité d'experts indépendants en droit constitutionnel afin d'éclaircir la question et d'expliquer la différence de traitement entre les victimes de la pyrrhotite que nous sommes et les victimes de la pyrite en Montérégie qui eux, ont étés soutenus par le fédéral. En attendant, sachez qu'il existe un lien fort entre les régions de la Beauce et de la Mauricie et que l'une et l'autre apprécient davantage l'ouverture, la compassion, le dialogue qu'un sourire désobligeant, particulièrement en période de crise. N'en doutez pas un seul instant.

Marc-Olivier Gagné

Victime de la pyrrhotite

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