Pauvre petite Terre

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Le Nouvelliste

Le 22 avril, c'était le jour de la Terre. Notre pauvre planète aurait besoin qu'on se soucie d'elle bien plus qu'une petite journée par an. Les émissions de gaz à effet de serre continuent de progresser de façon constante et chaque mois nous amène un nouveau record de chaleur.

L'exploitation pétrolière et le transport contribuent aux émissions de GES. Le pétrole est d'ailleurs dans l'actualité plus que jamais avec toute cette saga d'oléoducs. Si on diminuait notre dépendance au pétrole, on n'aurait pas besoin de nouveaux pipelines et on réduirait de beaucoup les GES. Les changements climatiques menacent l'humanité et au lieu de réagir en utilisant le pétrole de façon rationnelle, on fait le contraire: toujours plus de véhicules, toujours plus gros, toujours plus de déplacements. Des gestes simples permettraient pourtant de se sortir de cette pétro-dépendance.

Pourquoi aller cinq fois en ville pour faire cinq commissions quand on peut regrouper nos déplacements? Pourquoi l'auto en solo quand c'est possible de faire du covoiturage ou d'utiliser les transports en commun? Pourquoi faire chauffer les voitures interminablement tous les matins quand c'est prouvé que 30 secondes suffisent? Ah oui, les maniaques du démarreur sont bien trop frileux. D'ailleurs, pourquoi les démarreurs existent-ils? Pourquoi prendre l'auto quand on peut se rendre à destination à pied ou à vélo? Pourquoi ne pas avoir un véhicule approprié à nos besoins?

On pouvait lire sur lapresse.ca que les ventes d'automobiles ont diminué de 2,9 % au mois de mars alors que les ventes de camions légers ont augmenté de 5,4 %. Il n'y a jamais eu autant de gros véhicules sur les routes. Pourquoi aller chercher un pain avec un gros pick-up? S'il n'y avait que ceux qui ont des outils ou de la marchandise à transporter qui avaient ce genre de véhicules? Pourquoi utiliser un outil à moteur quand le travail peut se faire plus vite manuellement? Pourquoi consommer des aliments et des biens qui viennent de l'autre bout du monde quand il y a des fournisseurs ici? Pourquoi ne pas tout simplement cesser la surconsommation? Cela ferait des tonnes de marchandises de moins à transporter.

Le changement le plus significatif serait de cesser les déplacements inutiles. Brûler du gaz ne devrait pas être un loisir alors que la planète est en péril. Mais il n'y a jamais autant eu de VTT, de motoneiges, de motos et autres véhicules à trois roues, bateaux et VR. Les «promeneux» vont nous dire qu'ils font rouler l'économie. Les loisirs actifs permettent aussi de faire rouler l'économie, mais sans polluer l'atmosphère et en réduisant les coûts pour le système de santé puisque ceux qui s'y adonnent sont en meilleure condition physique. Au contraire, rester assis sur une machine bruyante ne contribue pas à améliorer la santé.

Il existe tant de solutions. Qu'est-ce qu'on attend pour investir dans l'électrification des transports? Ce n'est pas l'électricité qui manque au Québec. Qu'a-t-on fait du moteur-roue? C'était il y a plus de 20 ans...

Nous avons les ressources, l'expertise et les moyens d'améliorer l'environnement et notre qualité de vie. Au lieu d'envoyer des milliards de dollars à l'étranger pour le pétrole, on pourrait garder tout cet argent ici. Imaginez les possibilités...

Dans notre société de je-m'en-foutisme, où chacun est attaché à son petit confort, y a-t-il une chance que les choses changent? Ça ne peut pas se faire du jour au lendemain, mais si on commençait? Il suffit d'un petit geste, puis d'un autre, répété par des millions de personnes pour changer le monde.

Nancy Lacerte

Saint-Boniface

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