Le niqab, la burka, ce n'est pas l'islam

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Le Nouvelliste

Guerre à la burka et au niqab, clame le maire de Louiseville!

On dénie le droit à un autre maire, de faire la prière dans une institution de l'État! Montrant son ouverture, un élu a dit: «Il n'y a pas de problèmes si certains ne veulent pas de la prière! Ils n'ont qu'à arriver plus tard!».

Frustrant, en effet, messieurs les maires, voire, enrageant! Une sorte de claque dans la face de la religion catholique, mais pas seulement... d'autres religions aussi! C'est le prix à payer pour garantir au citoyen la neutralité de l'État à travers ses institutions.

L'absence de neutralité a conduit le Québec à la révolution tranquille qui, évacuant le fait religieux, a également évacué «Dieu». D'un extrême à un autre. La nature ayant horreur du vide. Où est le juste milieu? Le problème identitaire a certainement pris sa source là! La nécessité de recourir à l'immigration vient exacerber la question; à travers le fait religieux, croit-on. Que faire?

La neutralité religieuse de l'État est, selon moi, le premier pas.

La laïcité (inclusive) permet de vivre ensemble harmonieusement, dans le respect du religieux, des cultures, des croyances, des points de vue, sans porter atteinte à la liberté de conscience. Dans un contexte de multi-culturalité, de multi-ethnicité, a-t-on le choix?

Impacts collatéraux! Crucifix à l'Assemblée nationale; églises chrétiennes avec leurs clochers bien en vue. Doit-on les détruire (rejoignant en cela ce prétendu État islamique dans ces odieuses exactions contre un héritage inestimable de l'humanité) ou porter sur eux - et d'autres héritages de la chrétienté - un regard bienveillant et sensible; prendre en compte l'histoire dans son expression architecturale, culturelle et artistique en lien avec la religion du peuple fondateur?

Jamais une église, un crucifix, une kippa, un voile, un clocher ou un minaret ne m'incommoderont ni n'influenceront mes choix religieux.

Aucun «symbole» n'entraînera mon acceptation d'une culture ou d'une religion car, en lui-même, il ne porte pas d'action sur les gens.

Les porteurs de ce symbole, eux, le pourraient. Tout dépend de l'intention.

La question de la burka et du niqab se pose cependant. Pas tant que j'ai peur de voir le droit de certaines femmes brimé. Non! C'est une question de simple bon sens lié à la sécurité. Accepter de faire face à une personne dont le visage est masqué est hors de question pour moi. Trop de peurs sont liées à cela et demeurent ancrées en moi. Si l'on me rétorque que c'est une question de religion, je réponds: «Va pour ce simple voile porteur d'une certaine innocence (dans le bon sens du mot) qui ne cache en aucune façon le visage: le hidjab»; même si, au demeurant, je conteste le lien que ce voile peut avoir avec l'islam des premiers temps. Pour le niqab ou la burka, là, je ne vous suis plus!

Personne, jamais au grand jamais, ne pourra démontrer que ces accoutrements puissent avoir un quelconque lien avec la religion. Avec des traditions? Peut-être! Avec des cultures? Certainement! Pas avec l'islam!

Sur ce point précis, je ne jetterais pas la pierre au maire de Louiseville; pas plus que je ne permettrai à une personne cagoulée d'entrer dans ma maison ou dans l'institution où je travaille. Des magistrats en ont décidé autrement. Obligation religieuse, disent-ils.

Surprenant! Des centaines de millions de musulmanes, sur la planète, ne les utilisent aucunement. Le niqab, la burqa, ce n'est pas l'islam.

Je ne respecte pas la liberté d'autrui? Tant pis ! Car cette liberté-là empiète gravement sur la mienne; elle pourrait être une menace pour ma vie et celle de ceux que j'aime.

Malik Hammadouche

Trois-Rivières

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