Priez quand même

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Tout le monde doit respecter la décision de la Cour suprême qui interdit la récitation de la prière au conseil municipal. Remarquez que c'est la récitation qui est interdite et non la prière. Si bien que les membres d'un conseil municipal peuvent prier quand même s'ils le font en silence. Pour ceux qui ne le veulent pas, ils peuvent réfléchir ou méditer un moment.

Je suis chrétien et je crois que nous ne sommes pas le centre de l'univers. Mais je suis incapable de prouver scientifiquement l'existence de Dieu pas plus qu'un athée qui peut prouver qu'il n'existe pas. Impasse. Mais nous croyons dur comme fer au grand principe du bien que nous appelons Dieu et qui nous élève au-dessus des marécages du mal. Nous, les chrétiens, adhérons à l'enseignement maintes fois répété par Jésus «Aimez-vous les uns les autres». Ce n'est pas toujours facile, croyez-moi...

Par ailleurs, le concept de la laïcité s'oppose manifestement à celui de la neutralité religieuse de l'État. La laïcité est la solution de l'intolérance, de l'absolutisme et du rejet de toutes parcelles religieuses, même la plus discrète. Mais ses adeptes ne réalisent pas que la laïcité qu'ils chérissent ne sera jamais absolue contrairement à la relativité qui, elle, est absolue. Par le passé, quelques prêtres ont été élus députés. Si l'un d'eux se présente l'Assemblée nationale portant complet et collet romain, sera-t-il expulsé? Vous savez, il pourrait y en avoir d'autres.

Le concept de la neutralité religieuse de l'État est beaucoup plus souple et ses adeptes ne se vautrent pas dans l'intolérance et dans un absolutisme dépassé par ce que dépourvu d'équilibre et d'humanisme. Qu'il s'agisse des religions ou de signes religieux comme le crucifix à l'Assemblée nationale, ils ne sont pas pris en compte dans l'expression législative et réglementaire de l'État. D'ailleurs, cette neutralité religieuse de l'État devrait être consacrée dans une loi.

Enfin, il est évident que l'homme et la femme sont d'abord des êtres spirituels. Pas nécessairement religieux, mais spirituels. Exemple: les autochtones.

Je suis d'accord avec les athées qui professent que nous pouvons vivre sans religion. Mais pas sans cette spiritualité qui nous élève au-dessus du néant, au-dessus de la dimension physique de notre être.

Pour revenir aux signes religieux, la Cours suprême a déjà autorisé le kirpan (un poignard) et le turban dans les lieux publics pour des motifs reliés à la liberté de religion. Il serait étonnant qu'elle décide le contraire pour nos signes à nous. Sinon, il nous faudra devenir des étrangers dans notre propre pays pour qu'on nous traite comme les autres.

Serge Gagnon

Louiseville

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer