Les paradoxes du débat sur la laïcité

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Le Nouvelliste

Voilà que des gens aussi vertueux que bien payés ont jugé que la prière avait des endroits et des moments où elle ne devait pas être. Selon la Charte des droits et libertés canadienne, la prière dite à une séance du conseil municipal pouvait constituer un risque, une menace! D'ailleurs, le maire a dû payer une amende!

Paraît-il que la prière devrait être personnelle ou en famille, mais pas publique et que le gouvernement devrait être neutre en matière de religion. Voyons donc! Permettez-moi de vous partager mon désaccord complet.

Si vous êtes de ceux qui pensent que la religion devrait être privée, personnelle, je vous mets au défi de me nommer une seule religion de ce type, à moins que vous confondiez religion et secte. Faites le tour de la planète, des cultures et de toute l'histoire humaine et essayez de m'identifier une seule religion privée, personnelle et qui se pratique uniquement dans une chambre, dans un sous-sol à l'abri de tout groupe de personnes: impossible. Une religion, dans sa nature même nous relie (gion) les uns les autres à un Dieu! On dit même que le hockey est devenu une religion pour beaucoup de Québécois. En ce temps des séries, essayez de me convaincre que cette religion devrait être privée!

Si le gouvernement doit être neutre, expliquez-moi comment allez-vous faire pour chanter le Ô Canada où les mots foi, croix, Dieu, Christ s'y trouvent si passionnément chantés? Allez revoir les paroles de cet hymne au complet. Lors de l'assermentation de tous les ministres et premiers ministres, après chaque élection, ils jurent en mettant la main droite sur la Bible! Dites-moi où est l'erreur pour un gouvernement qui se voudrait neutre: une toute petite prière en public ou payer des milliers de dollars pour des congés de Noël ou de Pâques à des milliers de fonctionnaires, par nos taxes et nos impôts, même pour ceux d'autres confessionnalités?

Moi, aussi longtemps que l'on chantera haut et fort le Ô Canada avant un match de hockey, de baseball ou une course de stock-car (je ne vois toujours pas le rapport), je ne vois pas pourquoi je devrais me cacher pour prier. D'ailleurs, toute une flopée de politiciens fédéraux et provinciaux se retrouvent, Gros-Jean comme devant, au beau milieu d'une église pour prier aux funérailles de Mgr Turcotte, comme ils l'ont fait pour Maurice Richard et Pierre Elliot Trudeau. Qui est à la mauvaise place? La prière dans une assemblée municipale ou bien des politiciens dans une église? Je cherche encore la cohérence.

Je vous rappelle aussi qu'il y a quelques jours, on revoyait dans le récit de la passion, ces gens bien, des hauts placés qui se drapaient de pureté et de vérité, faire condamner et assassiner un homme par un jugement tordu parce qu'ils croyaient que Jésus pouvait être une menace!

Pierre Letendre

Nicolet

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