Imbroglio

Pierre Karl Péladeau... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Pierre Karl Péladeau

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Le Nouvelliste

Les déclarations de Pierre Karl Péladeau, la semaine dernière, ont fait couler beaucoup d'encre et ont eu le don d'exaspérer un bon nombre de personnes. Personne n'a contesté, tout comme le pseudo impair de M. Parizeau en 1995, la pertinence de leurs propos, mais on leur reproche de prononcer des évidences; est-ce à dire que pour demeurer politically correct il faille se taire ou mentir? On leur prête même des amalgames dont ils ne sont pourtant pas les auteurs.

Peut-on encore parler d'immigration et de ses effets sans être taxés de xénophobes ou de racistes si ça ne s'incorpore pas dans les intérêts canadiens? Peut-on parler d'identité sans être exclusifs ou repliés sur soi ou fermés sur le monde ou traités de quétaines ou d'adhérer à une soi-disant idéologie dépassée ou à un nationalisme dangereux qui mènerait aux pires excès observés lors de la Deuxième Guerre mondiale? La campagne anti-souveraineté, à défaut d'être honnête, est superbement intelligente et efficace.

Je pense que notre émancipation ne viendra pas des politiciens; elle nous viendra du peuple s'il sait se rallier et en venir à la conclusion que son avenir est lié à ce projet. Cependant, le véhicule pour le piloter va requérir des apôtres et ils ne devront pas se présenter en recherchant le pouvoir, mais en continuant à professer leur raison d'être et en faisant la promotion des raisons qui supportent le projet qui pourrait mûrir avec le temps. Serait-ce un moyen de contrer les attaques d'intérêts personnels qui n'auraient plus de fondement puisque ce serait les individus qui se sentiraient interpellés? L'arroseur serait arrosé. Est-ce diabolique?

En immigration, on exalte les pouvoirs du Québec, mais le vrai pouvoir est entre les mains du Canada. Cela se passe au moment de prêter serment au pays d'accueil. Peut-on imaginer qu'un immigrant en recherche d'un pays auquel on lui demande de prêter serment ne se sente pas investi d'une loyauté envers son hôte? J'imagine très facilement qu'il ne se sente pas à l'aise et se sente placé dans une situation où il pourrait être au premier tournant qualifié d'ingrat et de traître. Voilà une réalité qu'on aime mieux taire.

J'aimerais vivre dans un pays où je me sentirais chez moi partout et dans un pays qui a un visage. Il m'en est interdit avec une politique de multiculturalisme. Le respect de cette politique nous mène à toutes sortes de dérives qui ne ressemblent pas au peuple qui a construit ce pays en lui donnant une certaine forme que la Charte des droits et libertés ne saurait protéger.

Plusieurs peuples obtiennent leur indépendance; pourtant, il y a une tendance généralisée ici au pays de se réjouir pour ces peuples, mais lorsqu'il s'agit de nous, c'est une toute autre histoire. Le plus qu'on nous concède, c'est que c'est une démarche légitime.

Voilà un bref aperçu que nous avons à démêler comme imbroglio. Les vestiges de la Conquête sont encore très présents.

Grégoire Vandal

Trois-Rivières

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