Élans coupés en milieu rural

Les compressions du gouvernement créent des inquiétudes dans... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

Agrandir

Les compressions du gouvernement créent des inquiétudes dans Mékinac.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Dans Mékinac l'annonce par le gouvernement du Québec de compressions de dépenses, de transferts de responsabilités ou de regroupements administratifs créée des inquiétudes et a amené le Comité territorial de développement social de Mékinac à analyser les conséquences possibles que ce contexte risque de générer pour la population mékinacoise, pour sa qualité de vie et son niveau de participation à la vie démocratique.

Un gouvernement responsable doit viser l'équilibre budgétaire et appliquer une saine gestion. Il existe cependant plus d'une façon d'atteindre cet équilibre. Mettre l'accent sur la réduction des dépenses et analyser de nouvelles sources de revenus autres que l'augmentation des tarifs et des taxes devraient être envisagés sérieusement. La qualité de vie et le maintien du développement social sont de l'ordre des objectifs alors que le développement économique est de l'ordre du moyen. À toujours chercher à maximiser ce dernier, il y a risque pour tout État de perdre de vue sa raison d'être. Si les prémices sont centrées sur l'assainissement des finances publiques, les conclusions risquent fort d'être néfastes aux services publics. À qui profiteront réellement les mesures drastiques adoptées avec précipitation? Quels sont les résultats recherchés?

Les bouleversements annoncés affectent notre milieu, créent de l'insécurité et suscitent des questionnements sans réponses.

Quel avenir pour notre milieu? Pertes d'emplois? Situations de pauvreté aggravées? Isolement social? Accessibilité réduite à des services spécialisés? Quelles conséquences découleront des pertes économiques? Plus de problèmes de santé physique? De détresse psychologique? De violence familiale? De criminalité?

Les jeunes familles demeureront-elles en milieu rural ou s'installeront-elles en milieu urbain? Les pertes d'emplois et le manque de ressources pour en développer de nouveaux causeront-ils un exode de ces familles?

Sera-t-il possible de maintenir les liens de concertation régionaux et locaux? Comment réagiront nos leaders? Y aura-t-il démotivation? Démobilisation?

Comment se comporteront les personnes âgées de 65 ans et plus qui composent déjà 28,6 % de la population totale de Mékinac? Seront-elles tentées de rechercher un lieu de résidence plus près des ressources médicales spécialisées?

Les organismes communautaires arriveront-ils à faire face à l'augmentation des demandes de services d'aide avec le peu de ressources financières dont ils disposent et que le gouvernement a décidé de geler? Les personnes bénévoles ne sont pas des ressources inépuisables de remplacement aux services publics.

Que deviendront les milieux ruraux et les municipalités dévitalisées?

Des instances comme les Conférences régionales des élus étaient des lieux de concertation et de mobilisation en plus d'être des structures de décision. D'autres, comme Solidarité rurale, en plus de développer une cohésion du milieu rural, étaient une voix unique permettant de défendre la ruralité et de faire valoir ses particularités et ses initiatives. Le gain économique qui peut découler de ces deux disparitions n'aura sans doute aucune mesure avec la perte soudaine de lieux de concertation et de mobilisation qui avaient démontré leur pertinence. Autant le gouvernement décentralise du régional vers le niveau municipal en matière de développement, autant il centralise en matière de santé et des services sociaux. Cette décision se traduit par la création d'une structure mammouth regroupant l'ensemble des établissements et services établis qui desservira deux régions plutôt qu'une (Mauricie et Centre-du-Québec). Le ministre de la Santé s'attribue de plus en plus de pouvoirs dont celui de nommer les administrateurs qui auront un rôle réduit à exécuter ses décisions. Le citoyen y perd son droit de parole et les particularités des milieux ruraux risquent fort d'être ignorées.Les orientations actuelles démobilisent, éloignent les citoyens des centres de décision, nuisent à la participation citoyenne, réduisent des services, rejettent du revers de la main des efforts investis au cours des dernières années à créer et maintenir une concertation régionale et locale.

Micheline Cloutier

secrétaire

Comité territorial de développement social de Mékinac.

Sainte-Thècle

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer