L'enfer gris

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Par où commencer... quand on ne sait pas comment ça va finir?

Notre histoire commence en mars 2009. Après près de trois ans de processus de fertilité nous accueillons notre premier enfant, une belle petite fille de 8 livres. Nous nous attendions à un printemps beau et joyeux. Après la fonte des neiges, des fissures apparaissent sur les fondations de notre maison. Il ne reste que quelques semaines à la Garantie des maisons neuves.

Le contracteur nous dit que nous ne sommes pas dans les années visées et que c'est certainement structural. Comme les clients sont protégés et qu'il faut faire confiance en nos instances gouvernementales, nous sommes patients. Printemps 2010, le crépit s'effrite et des morceaux de ciment tombent. L'expertise arrive comme un coup de masse en plein front... 0.9. Une dépression, des maladies, des problèmes financiers sérieux plus tard, j'en viens à abandonner mon emploi. Je n'en peux plus. On n'en peut plus. Sommes-nous les seuls? Bien sûr que non. Mais rares sont ceux qui acceptent d'en parler ouvertement. Demandez aux médecins et psychologues de Trois-Rivières si la pyrrhotite est un fléau important! Ils en savent quelque chose.

À l'été 2014, on en a assez d'attendre. Après avoir dû faire une croix sur le fait d'avoir d'autres enfants, même s'il s'agissait de notre désir le plus profond, à causse de la situation. Nous avons mis nos vies en suspens. On a tenté de vendre notre maison à très gros rabais. Qui veut d'une maison qui ne vaut rien? À bout, juste plus capable de la voir... Comment pouvons-nous faire confiance maintenant? Est-ce que le procès donnera quelque chose? Nous voulons laisser ces cinq dernières années de stress intense derrière nous. Nous n'en pouvons plus. Nous voulons offrir mieux à nos enfants. Combien de personnes devront tomber malades, perdre leur emploi, perdre leur maison, faire faillite, avant que nos élus interviennent sérieusement?

Il faut d'abord constater le sérieux de la situation. J'écris pour ceux qui n'osent pas écrire. Je vais marcher le 30 mai pour ceux qui n'en ont plus la force. Je porte le carré gris pour ceux qui n'en peuvent plus de la grisaille. J'invite le gouvernement de Philippe Couillard et le gouvernement de Stephen Harper à constater la gravité de la situation qui a été soulignée par le maire Michel Angers, par le maire Yves Lévesque, par le député du NPD Robert Aubin et par l'ancien député libéral André Gabias. Quelles étaient mes questions encore? Combien faudra-t-il de malades? De familles en faillite? De personnes qui perdent leur emploi?

Nadia Pelletier

Trois-Rivières Ouest

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer