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L'auteur, Guy Rousseau, ne croit pas que les réformes de structures en santé sont au bénéfice des régions.

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Le Nouvelliste

Dans quelques jours, je serai remercié pour services rendus en tant que membre élu bénévole du conseil d'administration du Centre de santé et des services sociaux de Trois-Rivières (CSSSTR) depuis plus de 10 ans.

Ma contribution comme administrateur, tout au cours de ces années, m'a permis de participer à la mise en place d'un réseau de santé de haute qualité pour la population de notre région.

Depuis 1995, les membres du Conseil d'administration, le personnel de l'établissement et les partenaires de la région (inspirés par la réforme du Dr Rochon) ont joint leurs efforts afin de doter notre région d'un des sept plus gros centres hospitaliers du Québec.

Malheureusement, d'un coup de bistouri, sans évaluation des conséquences collatérales d'une telle chirurgie, nos apprentis sorciers jouent actuellement la qualité de vie de notre système de santé en région.

Avec son projet de réforme, le Parti libéral élimine tous les lieux de prise en charge par la population de la qualité et du développement des services de santé et des services sociaux de notre région. Cette centralisation des pouvoirs soulève quelques inquiétudes auprès de tous ceux et de toutes celles qui ont à coeur le développement de notre région.

Depuis plus de 20 ans, notre organisation a connu un développement considérable. L'augmentation significative des ressources affectées à la santé pour notre région est le fruit de négociations permanentes et serrées avec les gouvernements afin de permettre une décentralisation des budgets en toute équité pour toutes les régions du Québec. Avec ce projet de loi, nous vivrons une gestion technocratique et centralisée du système de santé, risquant par le fait même de favoriser les régions pourvues historiquement de ministres (Sherbrooke, Québec, Montréal, Laval), donc plus près du Conseil du trésor. Sans vouloir jouer au prophète de malheur, si je me fie à mon intuition, tout me porte à penser que notre système de santé en région s'accommodera du statu quo pendant quelques années et qu'inévitablement, par la suite, nos soins de santé publics subiront une régression constante.

La qualité d'un centre de santé est tributaire de la qualité et du dévouement de son personnel. Contrairement à une grande organisation comme Hydro-Québec, où l'intervention auprès de la clientèle demeure plutôt administrative et périphérique, la mobilisation du personnel dans un réseau de santé est au coeur même de la qualité et de l'efficience de son organisation. Le sentiment d'appartenance demeure un des éléments essentiels à la mobilisation du personnel. Comment une organisation de 17 000 employés répartis sur un territoire qui part de Clova et qui va jusqu'à L'Avenir peut-elle développer auprès des employés ce sentiment d'appartenance à son milieu et à son organisation?

Les régions (par exemple la Beauce) et les pays (par exemple ceux de la Scandinavie) qui ont le plus de succès, ce sont ceux qui ont mis en place des mécanismes de concertation et de consultation permanents afin d'effectuer les changements nécessaires dans l'intérêt de leur propre population. Avec l'abolition de tous les conseils d'administration de notre territoire, le gouvernement libéral fait exactement le contraire.

De plus, la nomination d'un unique président-directeur général soulève quelques inquiétudes, laissant entrevoir la volonté du Ministère de mettre en place un bon serviteur de l'État qui se souciera davantage de mettre de l'avant et d'accomplir les directives provenant de Québec, plutôt que de baser ses actions sur les besoins réels de la population de la région.

Dans un tel contexte, on risque de mettre en place une organisation qui offre des services répondant prioritairement aux normes et à la bureaucratie plutôt que des services appuyés et axés sur la vitalité d'une communauté.

Je remercie tous ceux qui ont voté pour moi en tant qu'administrateur au CSSSTR. Vous m'avez permis de connaître de l'intérieur le professionnalisme et l'engagement du personnel de notre réseau de santé en Mauricie. La prochaine fois, vous n'aurez pas à vous déplacer... quelqu'un d'autre va le faire à votre place! Mais comme disait la chanson: «Tu l'as voulu, tu l'as eu!»

Guy Rousseau

Membre du conseil d'administration du CSSSTR

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