Dans la poche des touristes québécois

André Nollet, directeur général de Tourisme Mauricie en... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

André Nollet, directeur général de Tourisme Mauricie en compagnie du président de l'organisme, Benoît Gauthier.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Pour faire suite à l'article paru le 14 février «Gestion de la taxe spécifique sur l'hébergement»

La pensée profonde du ministère du Tourisme a de quoi couper le souffle de son industrie et de ses intervenants. On laisse entendre une augmentation de la taxe sur l'hébergement à 3,5 % qui, de plus, sera universelle et ne relèvera plus de l'accord des établissements d'hébergement pour sa mise en application.

Par cette manoeuvre, on réduira l'autonomie des régions et on les privera d'un important outil de développement.

Au total, le Ministère espère prélever de la sorte 25 millions $ de plus par année dans les poches des touristes. Et ce sont les régions du Québec qui écoperont puisqu'à Montréal, la taxe sur l'hébergement est déjà à 3,5 %.

Comme si ce n'était pas assez, ce sont les touristes québécois, qui représentent près de 90 % de la clientèle dans plusieurs régions, qui feront les frais de la hausse de cette taxe.

Tout ce changement dans le but avoué de doter le ministère du Tourisme de 25 millions $ de plus pour la promotion, alors qu'il a déjà un budget du même ordre de grandeur et que ses façons de faire du marketing et les coûts qu'il encoure sont bien discutables. Et on ne parlera pas des résultats.

Tout le monde de l'industrie reconnaît que c'est d'une tristesse inouïe. Et que le marketing de la destination serait bien mieux servi par une agence composée de spécialistes du marketing touristique, alors que cela est impossible à atteindre dans un Ministère qui doit se plier à un nombre de règles incalculables pour l'engagement de permanents, mais dont l'expertise n'est pas toujours démontrée.

De plus, on nous apprend que le programme d'entente de partenariat régionale en tourisme ne sera pas renouvelé et sera centralisé au Ministère.

C'est quelque 3 millions $ par année que le Ministère soustrait du développement des régions. Administré par des comités régionaux sur la base des priorités régionales, ce soutien profitait d'investissements additionnels des CRÉ, des CLD et d'autres ministères de 3 à 6 millions $, et dont l'effet de levier atteignait un ratio de 10 $ pour chaque dollar investi.

Les Associations touristiques régionales (ATR) ont présenté plusieurs solutions pour accroître les recettes du Ministère et de l'industrie. Mais elles ont toutes été rejetées sans explication valable autre que: trop compliqué, pas dans la philosophie du gouvernement, etc.

Sans entrer dans le détail de la centralisation de la taxe sur l'hébergement par le Ministère, car au-delà d'engraisser les caisses de l'État et d'exercer plus de contrôle sur le tourisme régional, on doit sérieusement questionner la pertinence et l'efficacité de la mesure.

Dorénavant dépourvue d'autonomie et de pouvoir de décision, chacune des régions devra présenter les projets à être approuvés par le Ministère pour recevoir son dû en provenance de la taxe sur l'hébergement, collectée dans leur région. On veut faire du mur à mur pour l'ensemble du Québec, alors que les particularités régionales sont pourtant bien connues.

En clair, on veut faire de l'ingérence, alors que dans l'industrie touristique, les résultats des actions du Ministère sont discutables.

Pour conclure, le navire du Ministère navigue à vue dans le brouillard et sans boussole. La grande majorité des ATR a un plan marketing et de promotion annuel. Alors, avant que la flottille des ATR se décide à appuyer et embarquer dans la même direction que son Ministère, un plan complet devra être présenté et approuvé, tout en reconnaissant à chaque partie ce qui lui incombe comme responsabilité et comme moyens.

Est-ce que les régions doivent à nouveau souffrir par une ponction additionnelle de 25 millions $ et par une réduction de leur autonomie?

Benoit Gauthier,

Président du conseil d'administration

Tourisme Mauricie

André Nollet

Directeur général

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer