Doubler la 55? Non merci!

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Le Nouvelliste

Les gratins commerciaux du Centre-du-Québec et de la Mauricie se sont unis avec Le Nouvelliste pour forcer la main de nos élus provinciaux, afin de promouvoir le doublement sur 29 kilomètres de la route 55 entre Saint-Grégoire et l'autoroute 20 près de Sainte-Eulalie.

Incroyables ce qu'on a pu lire de leur part pour faire payer par tous les Québécois ces quelques kilomètres de l'autoroute 55:

«C'est une route de campagne dangereuse.» «La seule place entre Shawinigan et Miami où il n'y a pas d'autoroute à quatre voies, c'est ici.» «... une telle démarche commune est d'abord d'assurer la sécurité des usagers.» «Un tel projet permettrait à la région de recevoir enfin des investissements gouvernementaux; cela va aider nos entrepreneurs et camionneurs qui ont faim actuellement.» «Son doublement aurait pour effet bénéfique d'offrir une mobilité sécuritaire et durable aux travailleurs ainsi que de soutenir la complémentarité et l'efficacité des modes de transport de marchandises nécessaires à notre épanouissement économique.»

«Ça pourrait accroître l'intermodalité du transport de marchandises pour s'inscrire dans l'avenir en tant que pôle logistique avec le déploiement de la stratégie maritime du gouvernement du Québec. Le doublement de la 55 viendrait donc consolider cette force que nous détenons.» «Des vies auraient pu être sauvées si l'autoroute avait été à chaussées séparées.» «D'autant plus que les ponts d'étagement des rangs qui croisent le tronçon simple de la 55 ont déjà été conçus pour une double chaussée.» «Et tant qu'à y être, on pourrait enfin envisager l'ouverture de la 30 vers Nicolet.» «Le souvenir de tous ceux et celles qui ont perdu la vie de façon accidentelle sur ce tronçon absurde devrait, à lui seul, justifier le doublement des voies.»

J'arrête ici cette nomenclature d'arguments plus que douteux. Il n'y a vraiment pas nécessité, ni pour la 55 ni pour la 30 entre Nicolet et le parc industriel de Bécancour.

Si la route 55 est une route de campagne dangereuse entre ces deux villages, la 30 l'est tout aussi entre la 55 et le parc industriel de Bécancour. De plus, considérant sa dangerosité, comment expliquer que sa limite de vitesse soit 100 km/h? Pourquoi ne pas la réduire à 90 km/h? Pour franchir ces 29 kilomètres à 10 km/h de moins, ça ne prendrait même pas deux minutes de plus, et la sécurité des usagers serait plus que doublée. À ce que je sache, la vitesse est un élément très important dans l'explication des accidents de la route. Quant aux ponts d'étagement des rangs, ils sont peut-être conçus, mais actuellement non réalisés!

En France, sur les autoroutes, les camions lourds ne peuvent pas rouler plus de 90 km/h; ça sauve des vies et du fuel!

Les arguments pour soutenir cette dépense importante des fonds publics me semblent trop faibles pour ne pas y chercher une autre raison logique, économique ou financière, pour ne pas y chercher anguille sous roche.

L'État a bien d'autres investissements sociaux à faire avant de doubler ce tronçon qui ne crée pas de problèmes si majeurs que ça, maintenant que l'immense passerelle de Saint-Grégoire est chose accomplie.

Non merci, messieurs, mesdames les commerçants et élus du Centre-du-Québec et de la Mauricie: il y a mieux à investir pour notre société.

François Champoux

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer