La politique n'a pas su s'adapter aux jeunes

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Comment inciter les jeunes à voter en plus grand nombre?

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Le Nouvelliste

Les jeunes occupent une place importante dans l'échiquier de la société. Ils ont leurs opinions, leur travail et surtout, leurs droits et devoirs de citoyens. Pourtant, nous avons observé au cours des dernières décennies une baisse du taux de vote des jeunes au Québec.

Est-ce que les jeunes d'aujourd'hui sont indépendants de ce qui se passe dans la société? Selon moi, la réponse est un non catégorique. Oui, il y a un problème mais il ne vient pas des jeunes, mais de la politique elle-même. La politique n'a pas su s'adapter aux jeunes d'aujourd'hui. Pour exprimer ce problème, il faut observer trois aspects: les jeunes et leur environnement, les influences de la société et, finalement, le système politique actuel.

Premièrement, les jeunes vivent dans un monde complètement différent de celui des générations antérieures. La grande majorité des jeunes sont connectés sur les réseaux sociaux. Cette réalité apporte l'information à circuler très rapidement. Il est presque impossible pour un jeune de ne pas être informé des grands titres de l'actualité. Cette technologie apporte également un autre aspect très important. Les jeunes sont habitués à poser une action lorsque l'information arrive. Cela étant dit, ils ne veulent pas régler le problème aux prochaines élections. Ils veulent le régler maintenant. Ils vont organiser des manifestations, exprimer leur opinion sur les réseaux sociaux, en parler entre eux, signer des pétitions, etc. Des actions qui sont politiques mais qui ne sont pas perçues de cette façon par une grande partie de la société.

Deuxièmement, les jeunes sont victimes du coup de canon des plus âgées. On dit que de répéter quelque chose souvent peut nous amener à y croire. C'est exactement ce qui se produit avec la politique de nos jours. Les jeunes ont entendu durant toute leur enfance que la politique est un sujet de vieux et que c'est ennuyant. C'est aussi avec cette pensée que les plus vieux ne sont pas portés à expliquer la politique aux adolescents. Ils se disent que la politique ne les intéresse pas mais c'est faux! C'est quelque chose que les deux parties se sont entré dans la tête. Il faudrait que la société apprenne à laisser une chance aux nouvelles générations.

Troisièmement, le système politique actuel ne correspond pas aux besoins des jeunes. Les jeunes sont la partie de la société qui pense le plus au long terme. C'est normal, car c'est cette tranche d'âge qui paiera encore des impôts dans 30 ans. Ils sont alors plus portés à voter pour des partis souvent laissés de côté. Le problème est que même si ce parti obtient 5 % des votes aux élections, il se peut qu'il ne soit même pas représenté à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des communes. Alors beaucoup se disent qu'au lieu d'aller voter dans le vide, ils ne vont tout simplement pas voter. Une autre partie va aller voter pour un plus gros parti même si celui-ci n'est pas le plus représentatif de leurs opinions. Le problème derrière tout ça réside dans notre mode de scrutin.

Notre mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour permet de voir de grands écarts entre le pourcentage de vote et la représentation d'un parti en chambre. Par exemple, un parti peut obtenir 35 % des votes et être majoritaire et donc représenter plus de 50 % des citoyens.

Bref, il ne faut pas jeter tout le blâme sur les jeunes. Ceux-ci sont beaucoup plus sensibles aux réalités que ne laissent croire les apparences. Il faut apprendre à les connaître, à les écouter et surtout, à les comprendre. C'est de cette façon que nous permettrons à la société d'avancer vers l'avenir avec un pas plus déterminé.

Yohan St-Pierre

Trois-Rivières

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