Est-il vraiment un imam?

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Le Nouvelliste

Merci à Hamza Chaoui. Cela vous étonne? Avez-vous remarqué que je n'ai pas utilisé le terme «imam» qui auréole, dans les médias, le nom de ce personnage, au demeurant hier encore totalement inexistant pour nous tous. Merci, car il a le mérite de pousser la réflexion encore plus loin concernant la notion de liberté d'expression qui reste encore à définir et à baliser.

Hamza Chaoui démontre clairement que les propos les plus vils, les pensées les plus abjectes (dans notre contexte socio-culturel) peuvent être librement étalés sur la place publique. C'est aussi une mise en évidence de la capacité des médias de faire surgir de l'anonymat une figure se prétendant savante et représentative de ceci ou de cela. Ainsi foisonnent sur nos journaux et nos ondes, une flopée de pseudo-spécialistes auto-proclamés, dont la seule spécialité est de s'appuyer sur notre ignorance, nos peurs et chimères pour alimenter, enflammer les débats et générer le chaos. Profitant du désarroi suscité par des drames de toutes natures, ils prolifèrent.

Définissons la notion d'imam. Les médias affichent en long et en large: l'imam Hamza Chaoui. Est-il vraiment un imam? Selon ce que j'en sais, Hamza Chaoui est rattaché à l'islam sunnite (branche de l'islam qui n'a pas de clergé).

Qu'est-ce qu'un imam pour l'islam sunnite? La légitimité «religieuse» du personnage et surtout, la légitimité d'associer le terme imam au nom de cet individu se pose. Un imam est une personne qui dirige la prière en commun pour les croyants. C'est, de préférence, la personne qui, dans un groupe, a la meilleure connaissance des rites de l'islam et du Coran. De plus, cet imam doit être un homme de bien, de paix et de sagesse et doit être reconnu comme tel par sa communauté. Si toutes ces caractéristiques sont réunies alors, le temps d'une prière (ou plus longtemps, si la communauté en décide ainsi) cette personne (qui, selon certaines opinions religieuses, pourrait également être une femme) est désignée comme imam.

«Dans le cadre du sunnisme, on peut comparer la fonction d'imam à celle du pasteur protestant. L'imam ne fait pas partie d'une structure hiérarchique. Il est désigné par la communauté et ne prétend à aucun lien privilégié avec Dieu. Il peut être licencié s'il n'accomplit pas sa mission». (source Wikipedia)

Les musulmans d'Anjou, où évolue ce sinistre personnage qu'est Hamza Chaoui - qui, par son discours, obscurcit l'islam, réjouissant du même coup les pourfendeurs de cette voie religieuse - ont prestement mis cette définition en pratique. Bravo!

Hamza Chaoui a le mérite d'afficher au grand jour ces idées et pratiques ce qui est une bénédiction pour ceux qui veillent à protéger la population (en premier lieu les plus jeunes) de prédicateurs radicalisés, ou en voie de radicalisation, de tous acabits. S'est-il auto-proclamé imam ce personnage semblant surgi d'un autre âge?

Le discours d'une personne connaissant par coeur le Coran, sachant le psalmodier de la plus belle des façons, tout en étant aguerri à la manipulation de son interprétation, peut être déroutant et envoûtant.

Pratiquants ou aspirants à l'islam, n'acceptez pas pour imams de sordides prédicateurs qui n'ont de connaissance de Dieu que leur interprétation strictement littérale du Coran (c'est ça l'intégrisme).

Le musulman doit se conformer aux lois du milieu dans lequel il évolue et respecter, avec ouverture et bienveillance, culture et traditions de ce même milieu. Il se doit d'être reconnaissant envers ceux-là qui l'ont accueilli et adopté en leur sein, sans le juger.

Bien sûr, s'intégrer n'est pas se désintégrer. La liberté de conscience est aussi incontournable que la liberté d'expression.

Malik Hammadouche

Trois-Rivières

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