Le double discours du gouvernement Harper

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Depuis quelque temps, le Canada de monsieur Harper est très actif à l'échelle mondiale, mais pas nécessairement pour les bons motifs, ni pour les bonnes causes. Il appuie la marche de solidarité «Je suis Charlie» en faveur de la liberté d'expression... tout en muselant nos scientifiques, Radio-Canada, nos journalistes, et même ses propres députés. Il n'hésite pas à envoyer nos soldats et nos F-18 combattre des régimes barbares antidémocratiques, mais traite en amis des dirigeants et des régimes pour le moins douteux.

Ainsi, parmi les pays les plus brutaux et rétrogrades de la planète figure en bonne place l'Arabie Saoudite. Le roi et sa famille dirigent le royaume d'une main de fer. Les femmes ne peuvent ni voter, ni conduire. En fait, il leur est même interdit de parler à un homme si son «tuteur» n'est pas présent. Le royaume saoudien pratique allègrement les décapitations publiques.

En 2014, ce sont 87 têtes qui ont été coupées sur les places publiques du pays. Et que dire de la liberté de presse? Le blogueur Raïf Badawi l'a appris à ses dépens. Lui qui a seulement exprimé sur son blogue des interrogations sur le régime royal et sur la trop grande place que prend la religion dans ce pays. Il a été condamné à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouet, 50 par semaine durant 20 semaines.

Mais au lieu d'envoyer nos soldats rétablir la démocratie, combattre la barbarie, et rétablir les droits des femmes, comme il l'a fait en Afghanistan, en Irak et en Libye, le Canada entretient plutôt des liens de franche amitié avec l'Arabie Saoudite. Cette amitié gênante est entretenue grâce à des liens commerciaux extrêmement profitables pour nos entreprises d'armement, dont General Dynamics de London qui a signé l'an dernier un contrat de près de 13 milliards $ avec le régime saoudien. Pas étonnant que le gouvernement canadien ait été représenté aux funérailles du roi Abdallah d'Arabie Saoudite le 22 janvier dernier, tout en souhaitant un bon règne au nouveau souverain de ce pays aux pratiques rétrogrades, barbares et inhumaines.

Je ne sais pas ce que pense Raïf Badawi du fond de sa prison. C'est un militant des droits humains, un conjoint et un père de famille. Il n'a menacé personne, ni fait de vidéos appelant à la violence sectaire et encore moins exécuté des otages.

Que le gouvernement laisse de côté son double discours et qu'il exige la libération de Badawi! Un peu d'humanisme et de cohérence de la part du gouvernement Harper serait de mise.

Jules Bergeron

Membre du Comité de solidarité/Trois-Rivières

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer