Huit heures d'attente pour le renouvellement d'une prescription

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Une petite initiative pour aider les patients sans médecin de famille.

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Le Nouvelliste

En cette période de désinformation sur le système de santé public de la part des entités gouvernementales et médiatiques, qui croire?

Toutes les informations publiées sur ce sujet semblent se contredire. La seule vérité que je connaisse est la réalité que je vis ainsi que tous les Québécois aux prises avec cette problématique. Pendant que vous vous obstinez avec les associations et fédérations diverses en cause, la majorité des Québécois souffrent et se noient dans un système pauvre et insensible et, selon moi, procurer des soins de santé adéquats à tous est indéniablement une priorité fondamentale et non négociable de notre démocratie.

L'illogisme apparent total du fonctionnement de ce système occasionnera certainement la perte quasi absolue de celui-ci dont nous étions très fiers jadis. Existe-t-il une volonté de votre gouvernement d'encourager le système de santé privé au détriment du système public?

Je fais partie des milliers de personnes qui n'ont pas de médecin de famille et je dois renouveler ma prescription régulièrement. Sachant qu'aucun nouveau patient n'est accepté dans les cliniques de la région, ma seule alternative est d'aller à l'urgence.

C'est ainsi que je me retrouve très tôt le matin à l'urgence de l'hôpital avec la priorité 5, dernière priorité qui définit que le client n'est pas en danger et ne souffre pas. Les cas urgents passeront avant moi évidemment. Je conclus que je suis en attente pour une période longue et indéterminée... Entre-temps, je tente de trouver une solution avec l'infirmière au triage et je suggère qu'il devrait y avoir une certaine rotation parmi ces priorités. Selon le système de triage actuel, j'ai le sentiment que je pourrais me retrouver un mois à l'urgence et n'être jamais traitée, car je ne suis pas prioritaire en aucune façon.

Sachant que ma prescription se retrouve dans le système informatique de ma pharmacie, l'infirmière pourrait appeler, valider les données, les recevoir par télécopieur et les faire approuver par l'omnipraticien et répondre ainsi à ma demande. Temps écoulé estimatif de la consultation: cinq minutes, mais trois heures plus tard, je suis toujours au bas d'une longue liste. Je tente toujours de faire valoir ma solution, mais sans succès. C'est après huit heures d'attente que je constate que je me retrouve toujours aussi loin et que jamais je ne passerai à ce rythme. C'était la journée de ma fête...

Bredouille, je suis retournée à la maison déçue et frustrée de voir que personne du système essaie, par une initiative créative et professionnelle, de répondre aux besoins de patients sans médecin. Quoique léger pour l'instant, ce mal pourrait se transformer en maladie sérieuse et coûterait beaucoup plus cher à l'État qu'une simple prescription et suivi annuel.

Les docteurs à temps plein se font de plus en plus rares, les protocoles de gestion dans les hôpitaux sont laborieux, inefficaces et la mauvaise communication entre les départements est omniprésente, d'où le résultat de multiples dédoublements, erreurs et longues attentes, attentes qui intensifient les maux et voire même la mort de plusieurs patients. Ainsi donc, de plus en plus «d'entrepreneurs en santé» s'installent et attendent leurs nouveaux patients découragés. Au fait, qui paie vraiment la facture doublement? Ce sont les citoyens, celui et celle qui vous ont élus. Décevant, très décevant.

Nicole Morin

Trois-Rivières

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