Transport et bas de laine

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Que vient faire la Caisse de dépôt et placement du Québec là-dedans?

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Le Nouvelliste

Le gouvernement du Québec vient de conclure une entente avec la Caisse de dépôt et Placement afin que notre fameux bas de laine serve au financement de projets majeurs d'infrastructures publiques. Cinq milliards dans un premier temps pour un système de transport attaché au futur pont Champlain et un deuxième reliant l'aéroport de Montréal au centre-ville. Une fort bonne idée semble-t-il, mais pas pour moi.

Le plus ironique, c'est que le Parti libéral, alors qu'il se trouvait dans l'opposition, s'insurgeait contre toute intervention gouvernementale suggérant que la Caisse privilégie des investissements au Québec. Pour le PLQ, il s'agissait d'ingérence politique de la part du PQ et il fallait un mur étanche entre la Caisse et le gouvernement. Maintenant au pouvoir, les libéraux vont plus loin; ils mettent carrément la main dans la Caisse pour subvenir aux besoins de leur gouvernement. Encore plus ironique, les partis d'opposition se la ferment, car ils feraient la même chose s'ils étaient au pouvoir...

Pour justifier la manoeuvre, la Caisse dit faire de l'argent dans ce secteur avec des investissements en partenariat, par exemple, dans la ligne reliant l'aéroport de Vancouver à son centre-ville ainsi que dans un terminal de l'aéroport Heathrow à Londres. D'abord, la Caisse ne dispose d'aucune expertise dans la mise en oeuvre et la gestion de ce type d'infrastructures publiques. En outre, on ne joue pas ici dans la même ligue. Vancouver est reconnue comme la capitale canadienne des bouchons de circulation. On a vraiment intérêt à s'y déplacer par transport public. Quant à Heathrow, il s'agit du premier aéroport d'Europe en nombre de passagers.

Ici, il est déjà reconnu que les péages sur le pont Champlain vont inciter un grand nombre d'usagers à se détourner de cette voie. Et les gens vont-ils plutôt se jeter à corps perdu sur un transport public qui leur chargera combien par passage?

Donc, nous allons puiser dans notre bas de laine afin de nous doter d'infrastructures publiques payées cash et pour lesquelles nous allons débourser en plus pour les utiliser et les entretenir! Comme si je m'achetais une cafetière comptant, mais que je devrais déposer 1,50 $ dans un pot à chaque fois que je me fais un café... Un expert-comptable suggérait justement l'autre jour à Radio-Canada que ça risque de ressembler à un chien qui court après sa queue; il peut finir par l'attraper et se dévorer lui-même....

Ce que je crois, c'est que les infrastructures publiques doivent relever de la responsabilité du gouvernement qui doit en tout temps en garder la maîtrise. Avez-vous idée comment les firmes d'ingénieurs et les entrepreneurs doivent déjà saliver en pensant faire affaires avec une Caisse multimilliardaire? Et si c'est tellement payant de construire et gérer des infrastructures publiques au Québec, pourquoi les grandes institutions financières comme les banques ne cherchent-elles pas à devenir partenaires du gouvernement dans ces projets? Je vous l'annonce tout de suite : inscrivez ces cinq milliards $ au passif... et achetez-vous une autre paire de bas de laine!

Guy Godin

Trois-Rivières

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