Où va mon université?

L'Université du Québec à Trois-Rivières.... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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L'Université du Québec à Trois-Rivières.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Lorsque j'étais jeune, tout près de mon quartier, sur le boulevard des Forges, il n'y avait qu'une petite forêt. On n'y voyait qu'une seule construction notable; le collège Séraphique situé sur le site actuel de l'UQTR.

Au fil du temps, les Trifluviens ont été témoins de l'évolution constante des installations physiques de l'UQTR, de l'évolution des programmes qui y sont offerts et de la création des centres de recherche et des centres de service qui la constituent. Un lieu propice au dialogue.

Bref, depuis sa fondation, l'UQTR a fait les grands titres pour son rayonnement positif et son développement.

Au cours des deux dernières années, tout cela semble avoir changé. Mon université fait toujours les grands titres, peu enviables cette fois.

La petite forêt s'est transformée de telle sorte qu'il est plutôt risqué pour le petit chaperon rouge de s'y aventurer. Comment ce changement est-il arrivé? Comment cette petite forêt devenue lieu de savoir est-elle devenue un champ de bataille? On dirait qu'un trouble-fête s'est invité comme fou du roi pour installer la zizanie et la confrontation.

Aidez-moi à comprendre. J'aimerais qu'on m'explique pourquoi il faut faire appel à des firmes professionnelles pour dire à d'autres professionnels instruits et organisées comment ils doivent s'organiser? Les anciens dirigeants limogés ou démissionnaires étaient-ils des incapables? Il me semble que ces derniers étaient capables de se passer de firmes externes pour leur dicter la marche à suivre.

Récemment, ce qu'on a lu dans Le Nouvelliste m'interpelle. Mon université a annoncé qu'il y aura abolition de postes pour cinq hommes de métier. Le litige tourne vaguement autour d'une cotisation de 350 $ à verser à la CCQ par l'UQTR. Combien coûtera réellement la sous-traitance de remplacement? D'autre part, une autre employée congédiée se serait vue offrir une somme 182 000 $.

Comme citoyen, je suis estomaqué qu'un comité d'éthique et de déontologie recommande la destitution de la rectrice en poste et que le conseil d'administration rejette cette recommandation et de surcroît lui rembourse les 80 000 $ de frais d'avocats.

En plus des firmes externes qui font dans le diagnostic et le conseil juridique à grands frais, il semble que la dépense ne préoccupe pas les décideurs. Qui prend les décisions et qui est imputable à qui? Qu'y a-t-il de changé depuis la nomination des nouveaux dirigeants? Pourquoi tant de changements sont survenus depuis deux ans au sein des hauts dirigeants de mon université? Pourquoi la controverse et les tiraillements pourrissent-ils le climat de l'administration? Quelles sont les causes de ce brouhaha continuel?

Quand cela va s'arrêter? Quel est le rôle du conseil d'administration dans ce débat? Est-il consultatif ou décisionnel? Comment sont faites les nominations? Qui a autorité sur les hauts dirigeants? Quel pouvoir le ministre de l'Éducation a-t-il? Des personnes influentes externes peuvent-elles influencer les décisions et les nominations? Les dés étaient-ils pipés à l'avance?

Le conseil d'administration a-t-il une influence sur ses troupes? Bref, une foule de questions qui restent pour moi sans réponses et probablement pour la plupart des citoyens ordinaires.

Pourquoi je l'appelle «mon» université? Parce que l'UQTR est un bien collectif qui nous appartient. Il est temps que cette saga cesse pour le bien de l'UQTR. Qu'on enterre la hache de guerre, qu'on soigne les blessés, qu'on cesse de payer grassement des firmes d'avocats à même les deniers publics, qu'on avance.

Il est grand temps que la petite forêt retrouve sa quiétude.

Jacques Aubry

citoyen observateur

Trois-Rivières

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