Ah! L'austérité!

Pierre-André Julien... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Pierre-André Julien

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

L'auteur, Pierre-André Julien, de Bécancour, est professeur émérite.

Maintenant que les discussions des Fêtes sur l'austérité se sont tues, on peut en résumer les éléments. Commençons par la dette que le premier ministre évalue à plus de sept milliards, alors que son ministre Leitão parle pour 2014-15 de 1,1 milliard, déduction faite des versements au Fonds des générations, soit 0,3 % du PIB. Non seulement cela n'est pas catastrophique, mais même l'Ontario prévoit un déficit six fois plus élevé. Ce qui devrait mettre le Québec à l'abri d'une décote des agences de notation.

Du côté des coupures, ce gouvernement veut avant tout toucher les fonctionnaires. Alors que la commission Charbonneau a démontré qu'une des principales causes de la corruption était le manque d'expertise des ministères. De plus, ces coupures vont avoir des conséquences graves dans l'accès à beaucoup de services.

Par exemple, la diminution de 30 % du budget des directions régionales de santé publique va affecter fortement la prévention. De même, les fortes coupures en recherche vont toucher notre compétitivité, puisque celle-ci repose sur l'innovation qui s'en suit.

Le ministre Coiteux affirme que toute coupure compte. Pourtant, il ne s'offusque aucunement des dépenses de ses collègues, comme les 278 000 $ ou les 173 365 $ des ministres d'Amour et Charbonneau pour rénover leur bureau, ou encore du refus de son collègue Bolduc de rembourser 55 000 $ alors qu'il n'était plus médecin à plein temps.

Mais le pire, ce sont les coupures de 60 % du budget des Centres locaux de développement dont l'impact est majeur dans la création de milliers de petites entreprises dans les régions, entreprises toujours les premières créatrices d'emplois et la base de la modernisation de l'économie. En contrepartie, les taxes spéciales annoncées sur les banques ne seront pas appliquées de même que la réduction des subventions aux grandes entreprises.

Ce qui explique qu'à peu près tous les observateurs, tels Desjardins, l'Association des économistes québécois, le FMI et l'OCDE, affirment que ces coupures à l'aveugle vont donner un coup d'arrêt à une croissance économique déjà fragile. Pourtant, il y aurait de l'argent à aller chercher du côté du vol légal des paradis fiscaux, comme on vient de le voir avec les 500 millions $ de Bombardier au Luxembourg. Il en est de même pour les hauts revenus. Il est vrai qu'on ne veut pas intervenir de ce côté, puisque même le premier ministre en a profité et le ministre de la Santé jouit de sa prime de 200 000 $.

Mais on sait que quand on veut réduire idéologiquement la taille de l'État, tous les moyens sont bons, même s'il faut reculer pour certaines coupures qui font rager le public. Bref, quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage.

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