Le port de Trois-Rivières: refuge pour vieux rafiots?

L'incident du bateau-remorqueur qui a sombré dans le... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

L'incident du bateau-remorqueur qui a sombré dans le fleuve le mois dernier soulève de sérieuses questions.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

On était en droit de croire que le port de Trois-Rivières était en voie de devenir une destination prisée. La venue de grands bateaux de croisière, le développement du transport maritime et l'inauguration prochaine de Trois-Rivières sur Saint-Laurent sont autant de facteurs qui pouvaient nous laisser croire que l'on prenait grand soin autant de la sécurité maritime que des dangers de pollution de l'eau du fleuve.

Pourtant, le vendredi 26 décembre dernier, on nous annonçait qu'un bateau-remorqueur amarré au port de Trois-Rivières depuis trop longtemps, venait de couler et que l'on tentait de contenir les 22 tonnes de carburant qui s'échappaient du navire. En outre, on pouvait lire dans un article de La Presse canadienne daté du samedi 27 décembre des propos très peu rassurants: comme le navire a sombré, d'autres produits se retrouvent dans l'eau, dont l'huile à moteur.

Pour éviter une catastrophe et limiter les dégâts, on a mobilisé la Garde Côtière, Transport Canada, le ministère québécois de l'Environnement et l'entreprise maritime Seamec. Tout fut donc mis en oeuvre pour intervenir après l'accident. Dans les jours suivants, on a aussi dépêché des plongeurs pour tenter de colmater la brèche mais le bateau-remorqueur, qui semble-t-il était amarré depuis deux ans, et laissé plus ou moins à l'abandon, laisserait toujours échapper du carburant.

Cette situation déplorable nous laisse avec un bon nombre de questions sans réponses. On nous dit que l'on a un plan mais on ne sait toujours pas quelle quantité de polluant a fui au fleuve et s'il a pu être contenu en cette période glaciale. Sans faire de mauvais jeux de mots, on peut dire que les informations nous viennent au compte-gouttes alors qu'il s'agit de l'avenir de ce que nous avons de plus précieux, notre fleuve. Pour ajouter au désastre, le propriétaire de l'épave a fait savoir qu'il ne pouvait payer les frais encourus pour corriger la situation.

Ainsi, personne ne semble prendre la responsabilité de l'accident. Le responsable du port aurait envoyé deux avis craignant que le bateau ne soit pas en bon état, mais personne n'a pris de mesures concrètes. Comment se fait-il que l'on puisse se servir de notre port comme d'une remise ou d'un refuge pour bateaux abandonnés sans que personne ne sonne l'alarme? Ni le fédéral, ni le provincial, ni le municipal n'est intervenu pour faire déplacer le rafiot et nous en débarrasser ou au moins voir à faire retirer le carburant du réservoir.

Au moment où l'on prévoit augmenter le trafic des supers cargos pétroliers sur le fleuve et au moment où le fédéral et le provincial tentent de nous rassurer quant au projet d'oléoduc est-canadien, cet accident environnemental vient nous démontrer que trop peu de mesures de précaution sont prises en amont, c'est-à-dire pour prévenir et empêcher que l'environnement soit souillé par la négligence ou le mauvais entretien des équipements qui sont potentiellement très dangereux. Cela vient aussi nous démontrer que nos craintes sont on ne peut plus justifiées quand vient le temps de confier la protection de l'eau du fleuve à des gens qui ont très peu de considération pour ce que cela représente.

Pascal St-Pierre

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer