De quelle démocratie on parle?

L'hôtel de ville de Trois-Rivières.... (Photo: Stéphane Lessard)

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L'hôtel de ville de Trois-Rivières.

Photo: Stéphane Lessard

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Le Nouvelliste

En réplique au texte de Carol Côté «La haine qui rend aveugle».

Dans un texte paru dans le quotidien Le Nouvelliste la semaine dernière, Carol Côté a parlé de démocratie et je le cite: «Je préfère une démocratie à la portée du citoyen plutôt qu'une démocratie centralisée sur laquelle nous n'avons que trop peu d'influence». Je ne peux qu'être en accord avec ce principe mais encore faut-il qu'il soit appliqué dans le respect qu'exige la notion même de démocratie.

Tous les citoyens ont le droit de participer, de près ou de loin, aux décisions qui les touchent. Et n'est-il pas du devoir du citoyen de voir à ce que les décisions prises par une administration municipale se fassent dans les règles? En démocratie, tous les pouvoirs ne doivent pas se retrouver entre les mains d'une seule personne mais bien plutôt de plusieurs élus, ce qui permet au peuple de surveiller de près ses représentants et mandataires.

Abraham Lincoln disait: «La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple». Ce qui ne semble vraiment pas être le cas dans notre ville.

Peut-on parler de démocratie:

1- Quand un imposant nombre de citoyens disent haut et fort qu'ils ne veulent pas d'eau fluorée et que l'on persiste à vouloir l'imposer, même si plus de 99 % des municipalités n'adhèrent pas à ce programme.

2- Quand les citoyens disent non à un règlement d'emprunt de 16 millions $ pour le projet de Trois-Rivières sur Saint-Laurent et que plus de 3000 citoyens se sont déplacés à l'été 2008 pour aller signer le registre afin de s'opposer à cet emprunt. Qu'a-t-on fait de ces signatures? On les a jetées à la poubelle.

3- Quand on refuse de respecter un gouvernement provincial légitimement élu, qui a parfaitement le droit de conclure un pacte fiscal avec l'Union des Municipalités du Québec.

4- Quand on nomme arbitrairement une personne, sans appel de candidatures, à la tête d'un équipement culturel majeur de 50 millions $.

Voilà quelques exemples qui m'incitent à la plus élémentaire des réserves lorsqu'on présente ces comportements comme des modèles démocratiques...

Voici ce qui m'interpelle présentement: les Trifluviens ont-ils les capacités financières de «suivre» ces hausses successives de taxes tout en bénéficiant de moins en moins de services? Au cours des 10 dernières années, les contribuables trifluviens ont subi des hausses de taxes de plus de 40 % avec une moyenne de 4 % par année. On se dirige allègrement vers le 50 % avec la nouvelle augmentation qui nous sera expédiée ce mois-ci.

Les citoyens auront-ils enfin un répit dans les prochaines années? Pourquoi ne pas appliquer les surplus budgétaires sur la dette sans cesse grandissante plutôt que mettre cet argent sur l'amphithéâtre? Lors de la fusion des municipalités, la dette était d'environ100 millions $ et aujourd'hui elle frise les 300 millions $. N'est-ce pas inquiétant pour les générations futures? Pourquoi les entrepreneurs ou investisseurs bénéficient-ils d'exemptions de taxes pour plusieurs années pendant que nous, les simples citoyens de longue date, payons nos taxes année après année?

Si la démocratie était vraiment au rendez-vous à Trois-Rivières, les citoyens devraient savoir ce que leur coûtera le contrat à conclure avec le Cirque du Soleil et avoir accès à toutes les dépenses qui seront encourues pour l'amphithéâtre.

En terminant, monsieur Côté, je vous assure que je ne souffre pas d'urticaire, que je ne suis pas aveugle, que je ne cultive pas de haine et que j'ai le goût de vivre pleinement dans une ville que j'aime mais à la hauteur des moyens des citoyens qui composent le coeur et l'âme de notre cité.

Yves Gabias jr

Trois-Rivières

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