Touchez pas à mon doc!

Gaétan Barrette... (Photothèque Le Soleil)

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Gaétan Barrette

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Le Nouvelliste

Le docteur Barrette, suspicieux et inquisiteur, semble vouloir s'immiscer et contrôler l'exercice de l'art médical. Je m'insurge contre le fait de s'attaquer aux médecins de famille. Cela s'apparente à une manoeuvre de diversion.

Mon médecin de famille est le régulateur et le garant de ma santé. Il me suit, pas à pas, tout le long du cheminement de mon vieillissement biologique. C'est aussi mon bon conseil. Parfois même un confident. C'est une des personnes qui me connaît le plus intimement. Grâce à lui, je me sens en confiance. Il soigne, prévient et enraye la maladie. Bien sûr, il n'est pas affublé du qualificatif de spécialiste, mais pour moi il mériterait un qualificatif bien plus noble que spécialiste. Il est pluridisciplinaire et omniprésent.

Alors, monsieur Barrette, je ne vous permets pas de juger et de sanctionner mon médecin de famille ainsi que son travail. Dans un monde virtuel, pourquoi ne pas le faire travailler à la chaîne, nuit et jour?

Cher ministre, il y a actuellement un certain marasme, un désoeuvrement complet, ainsi qu'une pagaille indescriptible au niveau du ministère de la Santé, administration en déliquescence, trop de cadres, mal gérée, obsolète, sujette à de nombreuses malversations et escroqueries (les enquêtes en cours). Aussi, ne prononcez pas l'anathème sur les médecins de famille, c'est insultant. Voyez plutôt l'administration du département de la santé depuis des décennies, pratiquement toujours par le même parti, résultat... Un certificat de carence et d'incompétence. Une situation inextricable. Alors ne faites pas diversion vers les médecins de famille.

C'est de l'inconscience de s'attaquer à ceux qui sont assidus et présents sur le terrain. Vouloir les responsabiliser sans discrimination est une grave erreur de jugement. Allez-vous pousser la galéjade à quantifier les interventions? Une varicelle, cinq minutes de soins, 10 pour une bronchite. Avoir toujours 500 à 600 patients dans la salle d'attente?

Pour un médecin spécialiste, préconisez-vous vraiment une manière communiste des pratiques médicales? Je vous demanderais de ne pas stigmatiser sans raison les médecins de famille. S'il y a des cas d'abus isolés et ponctuels, d'accord pour des mesures coercitives localisées. Mais s'il vous plaît, pas de mesures généralisées. Nos médecins de familles travaillent dans l'ombre à des tâches multiples.

En dehors de la médecine, ils doivent s'astreindre à une administration tatillonne, souvent complexe et exhaustive; prévoir des présences aux urgences. La gestion administrative de nos médecins de famille est compliquée et fastidieuse. À l'heure où la science se développe de façon incontrôlable, mon médecin doit suivre ces avancées, il est en formation continue. Formation dans de nombreuses branches complexes et multiples.

Ayez tous vos apaisements, cher ministre Barrette, je n'ai jamais vu mon médecin de famille dormir de jour au bureau. Par contre, j'ai déjà vu des députés dormir à l'Assemblée nationale... ça oui, et plus d'une fois.

Alors merci de ne pas vous attaquer à mon doc. Respectons et faisons preuve de gratitude vis-à-vis nos médecins de famille.

Denis Dumoulin

Nicolet

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