Pour le parc des Pins

Le parc des Pins ne devrait pas porter... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le parc des Pins ne devrait pas porter le nom de Jean Béliveau.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Le célèbre joueur de hockey Jean Béliveau, paix à son âme, a vécu sur la rue Richard, à Trois-Rivières, tout près du parc des Pins. J'ai grandi sur la rue Cloutier, adjacente à la rue Richard, et j'ai passé la majeure partie de mon enfance au parc des Pins. Je n'ai rien contre Jean Béliveau, un gentleman en son genre, mais je ne comprends pas cette manie d'entretenir un culte de la personnalité via la toponymie.

D'aucuns voudraient débaptiser le parc des Pins pour rendre gloire à la mémoire de Jean Béliveau. Comprenez-moi bien: Jean Béliveau est digne d'admiration. Cependant, mes racines aborigènes se refusent à l'idée de désigner les lieux autrement que par un vocable poétique.

Jadis, la rivière Saint-Maurice s'appelait Tapiskwan Sipi, c'est-à-dire la rivière de l'Enfilée d'Aiguille, un nom qui me semble bien plus porteur de sens que Saint-Maurice, un saint qu'à peu près personne ne connaît et ne cherche à connaître.

C'est d'autant plus ironique que les églises catholiques ferment toutes les unes après les autres en nous laissant toute une flopée de noms de saints anachroniques qui n'ont plus rien à voir avec la société québécoise, fortement métissée et pleinement laïque.

Idem pour le fleuve Saint-Laurent. Les anciens le désignaient par Magtagoek, le fleuve aux Grandes Eaux. Qui est Saint-Laurent, dites-moi?

En fait, aucun lieu ne portait le nom d'une personne au temps des Anishnabés, des Mohawks, des Innus et des Hurons. On disait le lac des Castors, la montagne du Chien Pelé ou bien la butte du Bon Tabac; jamais on ne disait le lac Gaétan-Bouchard, la montagne Carl-Beaudoin ou bien la butte du Capitaine Joseph-Veilleux.

Il me semble que débaptiser le parc des Pins relève de la mythomanie du Vieux-Monde qu'il nous faut contenir autant que faire se peut pour préserver un peu de poésie dans notre toponymie. Vous trouverez sans doute que je suis un rabat-joie, mais non, je ne suis qu'un sauvage. À chacun son histoire...

Gaétan Bouchard

Trois-Rivières

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