Plus grand que nature

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Le Nouvelliste

Vous connaissez l'expression «plus grand que nature». Il s'agit, en parlant d'un humain, de quelqu'un qui surpasse les autres hommes, notamment en raison de son influence, son pouvoir, etc. Je crois que ceci s'applique à notre sujet, PKP, terme familier pour désigner Pierre Karl Péladeau.

Je dois souligner le fait que PKP est un prétendant à la direction du PQ et est actionnaire majoritaire de la plus grande entreprise médiatique et culturelle du Québec. D'ailleurs, monsieur Péladeau monopolise toute l'attention ce temps-ci et on croirait qu'il est le seul interlocuteur pour son parti dans les différentes entrevues journalistiques.

Mais rappelons les faits: à écouter le commissaire à l'éthique et les partis d'opposition, c'est un manque d'expérience et de jugement qui a pu contribuer à ses erreurs en contrevenant au code d'éthique de l'Assemblée nationale. Monsieur St-Laurent, commissaire, ajoute qu'il a agi de bonne foi dans le dossier de la vente de Vision Globale. Une première fois, PKP est intervenu auprès du ministre Jacques Daoust, et la seconde fois, directement auprès du DG d'Investissement Québec pour favoriser Québecor.

On dit de PKP qu'il est une personne loyale, déterminée, mais pas naïve quand même! Est-ce qu'on nous prend, nous, la population, pour des cons? Ce qui me heurte personnellement et cela, l'avons-nous déjà oublié, c'est le traitement qu'a reçu Julie Boulet, ex-ministre libérale, et comment l'opposition péquiste d'alors l'avait exhortée et poussée dans les câbles à vendre son commerce et à se départir de ses actions dans l'entreprise familiale: ce qui fut fait. Elle a été blâmée et sanctionnée sévèrement. Y aurait-il deux poids, deux mesures? Dans le cas de PKP, sa situation exige un traitement pour le moins semblable.

Pour moi, c'est une question d'éthique et d'équité.

Et puis, qu'en est-il de sa pratique en termes de relations avec les médias d'information, envers un journaliste qui l'avait joint sur son cellulaire et sa crisette qui s'ensuivit?

Tous les partis politiques ont déjà présenté deux motions pour débattre de cette question, mais ont avorté. Monsieur Couillard a proposé de saisir le Centre d'études des médias qui regroupe des chercheurs de l'Université Laval, de l'UQUAM et des HEC de Montréal pour scruter la question de fond. À quand la prochaine bourde de monsieur Péladeau si rien n'est fait pour clarifier la situation? Même le chef de la CAQ parle d'un problème majeur: «Il faut séparer les pouvoirs entre le politique et les médias. Il y aura toujours un risque réel que certains journalistes, chroniqueurs soient mal à l'aise chez Québecor de critiquer Pierre Karl Péladeau».

Il s'agit d'une situation exceptionnelle, plus grande que nature, dirais-je.

En prétendant à la direction du PQ, PKP aurait intérêt à faire le ménage dans ses affaires et à articuler son projet de souveraineté. Car, c'est pas le poing en l'air qui va faire tourner le vent de l'opinion publique.

André Gendron

Shawinigan-Sud

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