Ça déshumanise les soins de santé

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Le Nouvelliste

L'objectif de l'accessibilité à des soins de santé de qualité au Québec est très important, mais ce ne sont pas les mesures coercitives du projet de loi 20 du ministre Barrette qui permettront de l'atteindre. Une piste beaucoup plus porteuse est le réinvestissement du gaspillage administratif pour bonifier, non pas la rémunération des médecins, mais l'efficacité et l'efficience des conditions de travail de l'ensemble des intervenants qui assurent des services de santé.

Par définition, un professionnel n'est-il pas un individu qui est libre des moyens à utiliser pour atteindre un but? Pourtant le projet de loi 20 impose des mesures tellement coercitives qu'elles ne laisseront plus cette liberté aux médecins.

Aucun autre Québécois n'est pénalisé sur sa rémunération horaire ou à l'acte s'il travaille à temps partiel. Une telle pénalité salariale de 30 % imposée à des professionnels qui n'atteignent pas des quotas ne peut-elle pas être qualifiée de discriminatoire? Encore plus fondamentalement et malheureusement, le projet de loi 20 déshumanisera les soins de santé.

L'augmentation du nombre moyen de patients suivis, qui devrait passer d'environ 500 à plus de 1000, fera certainement en sorte de rendre très difficile l'engagement humaniste de nos médecins dans les soins à domicile, les soins palliatifs, la santé mentale, la pédiatrie sociale, la formation de la relève médicale...

Demander à quiconque de doubler sa productivité constitue une affirmation d'incompétence et de paresse. Est-ce que collectivement les médecins au Québec sont incompétents et paresseux? Tout bon gestionnaire sait qu'il est tout à fait improductif de fixer des objectifs inatteignables. Il ne peut en résulter que la démotivation et la démobilisation.

Les médecins ne sont pas monétairement à plaindre relativement aux salariés moyens québécois. Toutefois, compte tenu de leurs responsabilités, est-ce juste qu'un médecin humaniste, qui ne respecte pas les quotas de la loi 20, reçoive une rémunération plus faible que moi, un professeur d'université? Une rémunération beaucoup plus faible qu'un autre médecin qui voit ses patients aux dix minutes? Ne serait-il pas temps de revoir globalement la grille tarifaire des médecins pour la simplifier et pour la rendre plus équitable entre les différentes spécialités?

Pour éviter un tel désastre pour notre société québécoise, des acteurs influents et la population doivent se mobiliser rapidement et énergiquement. Merci pour la considération de cet appel, que j'oserais même qualifier de détresse, pour l'humanisme de notre société québécoise.

Benoit Lavigne

Trois-Rivières

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