Mausolée et valeur ajoutée

Le Mausolée des évêques dans le cimetière Saint-Michel... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le Mausolée des évêques dans le cimetière Saint-Michel à Trois-Rivières.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Dans Le Nouvelliste du 17 novembre, concernant le Mausolée des évêques de Trois-Rivières, nous apprenions en plus gros titre: «Plus d'un quart de million $ pour la restauration», suivi en sous-titre de: «Un montant de 206 391 $ proviendra du Conseil du patrimoine religieux du Québec».

Dès l'abord, dans l'article ainsi coiffé et agrémenté de photos qui venaient bien illustrer le propos, on pouvait se réjouir d'une telle nouvelle; apprendre que ce monument a pu profiter d'une si importante subvention, qu'il a été cité immeuble patrimonial par la Ville en 2007 et, surtout, classé d'intérêt patrimonial en 2009 par le ministère de la Culture et des Communications.

Raisons pour lesquelles il fera l'objet d'une restauration au coût de 242 813 $ le printemps prochain. C'est dire, si on s'en tient à ces chiffres, que la subvention assurant 85 % des coûts, il restera au budget quelque 36 500 $ que l'évêché aura à puiser au fonds prévu pour l'entretien de ses bâtiments religieux.

Dans Le Nouvelliste, trois jours plus tard, sous la plume cette fois de l'éditorialiste de notre quotidien, on aurait pu s'attendre à d'heureux commentaires à l'annonce d'un tel projet: «Patrimoine et mausolée» nous livrait plutôt des propos surprenants. D'entrée de jeu: «Est-ce que la petite chapelle et le caveau [...], ce qu'on appelle le Mausolée des évêques, est un patrimoine qui méritait un classement On peut certainement se questionner... ».

«Il n'y a jamais eu de débat public autour de la citation du Mausolée». Aurait-il fallu, madame, en débattre rapidement aujourd'hui sur Twitter, fast-word du potinage électronique? (Et moi, serais-je un twit pas branché?)

Vous vous en prenez à l'expertise du Conseil du patrimoine religieux du Québec et, indirectement aussi, aux reconnaissances d'un tel site par la Ville et le ministère de la Culture et des Communications.

Selon les critères du Conseil, dites-vous, «seuls les bâtiments construits avant 1945 sont éligibles». Mais on reconnaît, depuis, qu'il existe des oeuvres plus récentes qui se distinguent à ce point qu'elles appartiennent déjà au patrimoine de demain et qu'il faut sauvegarder aujourd'hui.

À l'origine de cette oeuvre majeure en 1965: l'évêché de Trois-Rivières et l'architecte Jean-Claude Leclerc. Et dans les années 60, deux termes, Vatican II et Révolution tranquille, dont l'effervescence et leur conjoncture au Québec marquent une époque charnière.

Établi à Trois-Rivières en 1960 pour y exercer sa profession, le jeune architecte avait pu rapidement faire valoir son talent. Émule de Le Corbusier, c'est à la suite d'un voyage en France pour visiter les réalisations architecturales du maître de l'expressionnisme formel qu'il appliquera les formules modernistes.

C'est ainsi que, dans la conception du Mausolée qui lui sera commandé, il édifiera une architecture sculpture avec exploitation de voiles porteurs en béton armé: «Une tendresse moulée sur une contrainte», selon la poétique définition d'un autre éminent architecte, et qui pourrait évoquer ici comme symbolique, du toit de la chapelle, «l'ascension des âmes, par la forme en demi-cône élancé», selon l'inspiration de Leclerc lui-même.

Un tel résultat incitera la Ville de Trois-Rivières à lui confier la mise en oeuvre au coeur de la cité d'un réaménagement urbain autour de la réalisation personnelle d'un centre civique composé de l'hôtel de ville et d'un Centre culturel. Cette autre réussite remportera le prix Vincent-Massey décerné par le Canada. Sur l'invitation de l'Université Laval en 1972, il acceptait de prendre la direction du département de l'architecture, et professeur émérite jusqu'à sa retraite.

À 80 ans cette année, quel beau cadeau devrait être pour lui l'annonce de la restauration du Mausolée trifluvien avec les témoignages de reconnaissance qui l'accompagnent.

Lévis Martin

Trois-Rivières

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