Et la colonne des revenus?

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Le Nouvelliste

Lettre à Martin Coiteux, ministre responsable de l'Administration gouvernementale et de la révision permanente des programmes et président du Conseil du trésor.

Lorsqu'on regarde le budget que votre gouvernement présente, nous nous demandons avec consternation, comment cela se fait que des personnes éduquées et ayant les compétences exigées à leur fonction n'arrivent pas à regarder, ni même considérer la colonne des revenus dans leur budget. Pourquoi votre gouvernement refuse-t-il d'augmenter sa colonne de revenus?

Un budget est un budget. Bien qu'il arrive que l'on doive, pour un temps, diminuer au niveau des dépenses secondaires, l'augmentation du revenu est un élément incontournable si l'on veut une famille, une entreprise ou des finances gouvernementales saines et florissantes.

Que diriez-vous à des parents qui couperaient dans l'alimentation de leurs enfants (coupes à l'aide sociale et montant mensuel insuffisant), dans les soins de santé (coupes et privatisation des services), dans leur éducation (compressions additionnelles de 150 millions) et favoriseraient les investissements dans l'agrandissement de la maison (plan Nord), l'achat d'une auto neuve (investissement de 18 millions dans une entreprise de jouets) ou encore d'un chalet (subventions aux entreprises privées), tout en ne travaillant qu'un minimum d'heures (refus de regarder la colonne des revenus), se privant ainsi d'un apport de revenus substantiels et nécessaires, aux besoins essentiels?

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale coupe 211 $ millions et, ce faisant, attaque encore et toujours les plus démunis de notre société, alors que votre gouvernement, en ajoutant 10 paliers d'imposition tout en réduisant les impôts de 87 % des contribuables, irait chercher 1 milliard $ de plus en revenus! Des compressions additionnelles de 150 millions aux écoles publiques, une réduction de 20 % dans le budget de l'environnement, des coupes en santé, des compressions dans les programmes sociaux, la liste est longue de coupes, alors qu'un régime entièrement public d'assurance médicaments permettrait de contrôler le coût des médicaments et de récolter un milliard d'économies. Alors que rétablir la taxe sur le capital des entreprises financières générerait un revenu de 600 millions $ et qu'en réduisant les subventions aux entreprises et en haussant les taux d'imposition des sociétés vous iriez chercher pour 1,720 milliards d'économies et de revenus supplémentaires.

Seulement en appliquant quatre des 19 solutions proposées par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, vous auriez 4,3 milliards de revenus, soit 1,1 milliard de plus que les coupures que vous dites devoir faire pour équilibrer le budget.

Dans un article de La Presse paru le 22 octobre, Compressions: les gestionnaires doivent obéir, vous avez dit et je cite: «Il y a visiblement des gens qui actuellement ne veulent pas faire les compressions là où cela leur ferait mal, parfois à eux-mêmes, dans l'administration, dans certaines choses.» Force est de constater qu'effectivement, il y a des gens qui ne posent pas les gestes nécessaires, surtout si cela leur ferait mal à eux-mêmes, comme établir des compressions à l'évasion fiscale, en obtenant des entreprises leur juste part en impôts, en rétablissant 10 nouveaux paliers d'imposition pour les particuliers, en rétablissant la taxe sur le capital pour les entreprises financières, etc.

Marie-Josée Lapointe

Au nom de la Coalition pour les droits des personnes assistées sociales de la Mauricie et du Centre-du-Québec

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