On fait dur

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Le Nouvelliste

Est-ce que c'est parce qu'on est en région? Il y a des faits qui ne peuvent pas tromper.

Depuis l'élection du Parti libéral le 7 avril, le Québec a perdu 82 000 emplois à temps plein. Plus de 30 000 emplois à temps plein ont été perdus en octobre. La promesse libérale: création de 250 000 en cinq ans. Oups!

Selon le dernier budget, le gouvernement du Québec se dirigerait vers des surplus véritables de 1,6 milliards $ (2015-16) et de 3,9 milliards $ (2018-19).

En fusionnant tout ce qui nous gouverne: contrats, contracteurs, équipements, délais d'exécution, dépassements de coûts, firmes de génie conseil (SNC-Lavallin confirme avoir versé 150 000 $ par année au PLQ), on parle de plusieurs milliards qui ne vont pas aux services payés par les citoyens.

Une affaire nommée Arthur Porter (CUSM) nous a coûté au moins un milliard. Plein de personnes très influentes et inconnues du public ont été mises à contribution dans cette triste aventure qui nous a floués.

Les systèmes informatiques sont toujours à remplacer à coups de centaines de millions. Windows7 (2010) est rendu dépassé, faut le changer. Il n'a même pas fini de garnir le parc informatique gouvernemental. Ces centaines de millions font plus d'un milliard maintenant... sans avoir servi. C'est un secret de polichinelle que les systèmes informatiques sont une source de revenus sans fin pour les fournisseurs et installateurs d'équipements informatiques. Mon neveu par alliance et son père sauraient leur faire la leçon à 5 % du coût total officiel.

Le capital risque fait l'objet d'un Fonds d'innovation, Teralys Capital, qui viendra pomper 218 millions $ (109 $ de taxes et d'impôts du Québec et 109 $ d'Ottawa) parce que «la prospérité repose surtout sur le privé» (disent Carlos Leitão et Joe Oliver, ministres des Finances). Comment ça? Depuis quand?

Dans la création d'emplois publics, combien nous coûte 1 $? Réponse: 0,13 $. En effet, il faut parler de 0,87 $ par dollar qui revient aux gouvernements sous toutes sortes de façons. Un emploi privé subventionné par Québec nous coûte 0,85 $ par 1 $. Il est où le problème de créer de l'emploi dans le public? C'est rentable. C'est administré tout croche, mais c'est rentable. Imaginez si on faisait du ménage là-dedans.

Qu'est-ce qu'il y a à comprendre dans tout ça?

Que le monde politique est rendu en 2014 alors que la majorité des électeurs est encore dans une vision du siècle précédent. Ils croient toujours «le monsieur/madame qui a l'air correct et instruit». On va donc voter pour lui et croire sans preuve tout ce qu'il nous dit. Quand il dit qu'il a un plan, personne ne lui demande: c'est quoi le plan? On le croit, point. Et on a tort. On se fait voler, c'est clair, et on paie trop cher les pauvres services qu'on reçoit.

Les politiciens d'aujourd'hui ne sont plus aux manettes du pouvoir réel. N'ont pas les deux mains sur le volant. Nulle part en Occident. Encore moins au Québec à cause de notre démographie (analphabètes et illettrés à 50 %). La globalisation mondialisation de l'économie et de la finance est là depuis plus de quinze ans. Nous, on n'en tire aucun avantage.

Le micmac organisé nous fait penser que l'austérité est une responsabilité alors que c'est une erreur fondamentale. Ce n'est que la réponse aux directives financières (G20, G7, B.M., OCDE, FMI) et aux agences de notation financière et de crédit: Moody's, Standard&Poor's, Fitch Ratings. Honnêtement, on fait dur!

Quand on fait dur on ne se compare pas, on réfléchit d'abord et on agit.

Jean-Claude Soulard

Trois-Rivières

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