Brisons le silence, ensemble!

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Le Nouvelliste

La violence sexuelle faite aux femmes est la plupart du temps traitée sur la place publique sous l'angle des faits divers. On s'attarde plus à l'événement, qui assurément dépasse très souvent l'imaginaire, mais passe sous silence les obstacles au dévoilement et à la dénonciation que vivent les victimes.

Depuis trop longtemps, les femmes dénoncent de nombreuses situations et formes d'agressions sexuelles qu'elles subissent au cours de leur vie sans être entendues. Les nombreuses prises de parole médiatiques, suite à la sordide affaire Jian Ghomeshi, nous donnent de l'espoir. Enfin, les tabous et les conséquences liées à l'agression sexuelle sont mis en évidence. Le processus judiciaire est éprouvant pour la victime, le dévoilement à la famille et à l'entourage le sont tout autant. Plusieurs femmes choisissent de dévoiler sans toutefois dénoncer aux autorités policières. Cette nuance est importante pour nous et dans un cas comme dans l'autre, les femmes en mesurent les impacts dans leur vie.

«Si je dévoile les agressions subies par mon père, cela brisera la famille». «Si je ne dénonce pas, est-ce que l'agresseur agressera ma petite fille?». «Si je ne dénonce pas aux autorités policières», pour citer Patrick Lagacé,c'est «parce que c'est compliqué?» À cela, nous ajoutons «parceque c'est éprouvant pour la victime».

Les agressions sexuelles ne sont pas qu'une affaire de filles et doivent être portées par l'ensemble de la société. Il est très encourageant de voir que des hommes profitent de ce mouvement pour démontrer leur soutien et leur solidarité aux femmes qui vivent ou ont vécu des agressions à caractère sexuel ainsi que toutes celles qui sont à risques d'en vivre un jour, simplement en raison du fait qu'elles sont nées femmes. Plusieurs hommes aussi vivent de la violence sexuelle, mais 83 % des victimes sont des femmes et pour les hommes, la majorité des agressions ont été produites durant l'enfance.

Ce mouvement est historique pour la cause de la violence sexuelle faite aux femmes. Les tabous et mythes qui circulent autour de cette problématique sont exposés au grand jour et enfin, la société les dénonce haut et fort.

L'angle sous lequel les agressions sexuelles sont abordées démontre clairement toute la souffrance vécue dans le silence par les victimes.

Dans les CALACS du Québec, nos statistiques démontrent que 42 % des femmes que nous rencontrons ont attendu plus de treize ans avant de dévoiler leur agression sexuelle. Très souvent, c'est la première fois qu'elles en parlent à une intervenante qui leur assure la confidentialité. Celle-ci les accompagnera dans la démarche qu'elles voudront entreprendre qu'elle soit au niveau judiciaire ou auprès des personnes concernées, si c'est le cas. Ce libre choix est légitime et sera respecté. Briser le silence n'est pas sans conséquences et, encore une fois, les femmes le savent très bien.

Le dévoilement rapide sur Internet peut amener les survivantes d'agression sexuelle à subir des impacts dans leur vie (flash-back, réactions de l'entourage, répercussions émotionnelles, etc).

Certaines femmes peuvent se sentir seules et vivre un sentiment de honte et de culpabilité après avoir dévoilé sur le Web. Un dévoilement bien accompagné peut permettre à la survivante d'agression sexuelle de reprendre du pouvoir sur sa vie et guérir des conséquences de l'agression sexuelle.

Malgré tous les obstacles et les difficultés rencontrées, briser le silence est libérateur pour la personne.

Comme le mentionnait Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec, lors de son dévoilement, «elle pouvait compter sur tout un réseau d'entraide au Québec». Les centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel en font partie et sont des ressources importantes dans l'aide et le soutien aux femmes et adolescentes ayant vécu une agression sexuelle.

Le CALACS est un organisme communautaire auquel elles peuvent faire appel et qui leur offre un environnement sécuritaire et de non-jugement où le libre choix de la démarche y est respecté.

Nicole Hamel

coordonnatrice

Martine Deschamps

intervenante

CALACS Entraid'Action

Grand-Mère

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