La direction des arts et de la culture: un poste essentiel

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Lettre au conseil municipal de Trois-Rivières.

Bien que très heureux de l'inauguration prochaine de l'Amphithéâtre Cogeco, et reconnaissant l'immense potentiel d'une telle infrastructure dans notre ville, l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières est étonné de votre décision d'abolir le poste de Direction des arts et de la culture. N'y a-t-il pas contradiction dans le choix de supprimer un poste et par conséquent, un service supporté par plusieurs employés alors que Trois-Rivières porte et présente fièrement sa couleur: Ville d'histoire et de culture?

L'OSTR a toujours été appuyé par sa ville, et reconnaît l'aide répétée de Trois-Rivières à son endroit. Toutefois, l'orchestre est préoccupé par votre choix d'intégrer les arts et la culture aux loisirs et aux services communautaires. Il nous apparaît difficile de croire que chacun de ces éléments ne s'en verra pas dilué.

Notre questionnement est d'autant plus profond qu'en même temps qu'on abolit la Direction des arts et de la culture, la mission de l'Amphithéâtre s'articule autour de la mise en place d'une programmation variée, multidisciplinaire, s'adressant à une clientèle locale, régionale, excursionniste et touristique, et de la création d'une synergie entre les partenaires événementiels du milieu, de même que la réalisation d'une expérience culturelle, urbaine, unique et originale, dans une perspective de développement durable des arts et de la culture. Si l'on se fie au portail officiel de la Ville de Trois-Rivières, la Corporation de l'Amphithéâtre de Trois-Rivières est un organisme paramunicipal relevant de la direction des arts et de la culture, donc d'un poste qui n'existera plus à compter de juillet 2015. Ce constat ne peut qu'étonner et questionner.

Dans un autre ordre d'idées, la volonté d'inciter les touristes à prolonger leur séjour dans la région en bonifiant l'offre du divertissement, que cette offre soit culturelle ou de toute autre nature, est louable. Loin d'être contre la vertu, l'OSTR, de par son rôle de locomotive de culture, craint cependant un glissement du sens du mot «culture» vers n'importe quel divertissement qui peut attirer et retenir des gens: on entend parler de plus en plus de «pôle de divertissement culturel»; nous partageons cette vision dans la mesure où nous ne perdons pas de vue que la mission première de l'orchestre est de préserver le patrimoine culturel de la musique symphonique et de rendre cette musique accessible pour qu'elle puisse enrichir un public de plus en plus large.

L'orchestre trouvera son intérêt à se joindre à toute initiative qui vise à retenir les visiteurs à Trois-Rivières. Notre préoccupation se situe plutôt au niveau d'une politique générale de la Ville qui risque, avec l'abolition de la Direction des arts et de la culture, de nous «engloutir» en nous privant de notre prépondérance artistique, ce qui risque de se produire si l'éventuelle direction générale de la culture, des loisirs et de la vie communautaire n'est pas vigilante.

Bien sûr, nous sommes conscients des choix douloureux auxquels la Ville est confrontée, particulièrement avec les dernières coupes annoncées par le gouvernement provincial. Mais nous estimons que le mot «culture» étant partie intégrante et essentielle de l'image de marque dont notre ville s'est dotée depuis plus de vingt ans, nous craignons l'amputation du sens même de cette image.

Natalie Rousseau

directrice générale

Jacques Lacombe

directeur artistique

Jean-Marc Vanasse

président du conseil d'administration

Orchestre symphonique de Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer