Foyer des marins: le Port doit prendre la relève

Il faut assurer la pérennité du Foyer des...

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Il faut assurer la pérennité du Foyer des marins à Trois-Rivières.

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Le Nouvelliste

La lecture du rapport annuel du Port de Trois-Rivières a de quoi gonfler d'orgueil les citoyens de la région de disposer d'une telle entreprise: 1300 emplois de bonne qualité, un actif de 65 millions de dollars, des investissements de 150 millions (réalisés ou à venir à court terme), un transit annuel de 3,3 millions de tonnes métriques de grain, alumine, conteneurs... véhiculés par plus de 250 océaniques.

Bref, le Port est l'une des plus importantes industries de chez nous. Au-delà de ces activités commerciales, les dirigeants du Port sont étroitement engagés dans les activités de développement économique et communautaire de la capitale régionale dont la Chambre de Commerce, le Club Richelieu et l'UQTR.

Le Port fournit aussi, sans frais, un local au Foyer des marins depuis ses débuts. Il va sans dire que la qualité des services offerts aux équipages des navires visiteurs contribue non seulement à la renommée sur toutes les mers du monde du Port de Trois-Rivières, mais aussi de la ville elle-même.

Membre du conseil d'administration du Foyer pendant plusieurs années, je me rappelle cette lettre très émotive écrite par un modeste capitaine (Ukrainien, je crois) qui avouait au Padre Robichaud: «Je ne suis même pas catholique et vous m'avez reçu comme l'un des vôtres. Vous m'avez offert le seul cadeau de Noël que j'aie reçu dans ma vie.»

Il s'agissait de l'un des 300 sacs remplis de mitaines, tuques, chaussettes (des tricots de bénévoles) auxquels s'ajoutaient un gilet polar, du papier à lettres, des chocolats... et une épinglette de Trois-Rivières. Une valeur de 50 $ payée à même le petit budget du Foyer et remis à chaque marin visiteur entre le 15 décembre et la mi-janvier.

Merci au diocèse.

L'Église de Trois-Rivières n'a plus de prêtre pour assurer la relève du directeur actuel. Plus d'argent non plus pour le salaire d'un ou d'une responsable laïque. Facile à admettre en voyant la faible fréquentation des lieux de culte!

Facile aussi de présumer les difficiles priorités auxquelles l'évêque et son équipe pastorale sont confrontés. Outre les services en paroisses, on demande des prêtres dans les résidences d'hébergement, dans les centres hospitaliers, auprès des communautés religieuses, à la prison...

Ne devrait-on pas aussi offrir des services de pastorale aux itinérants, aux tablées populaires, aux regroupements de personnes âgées, aux étudiants et à combien d'autres ressources communautaires qui en expriment le besoin?

Un port est un milieu de vie non seulement pour les débardeurs, camionneurs, administrateurs et autres travailleurs et travailleuses sur les quais, mais aussi pour le personnel des navires de passage, heureux de toucher terre après de longs mois en mer. Les marins sont une partie intrinsèque du capital humain d'un port.

En conséquence, il m'apparaît que les autorités du Port de Trois-Rivières sont nettement mieux placées que le diocèse pour assurer la pérennité du Foyer des marins tout en respectant l'autonomie et le mode d'action de cette corporation indépendante (ong) intimement reliée aux opérations portuaires.

Les gens de la mer doivent continuer à trouver à Trois-Rivières cette oasis d'accueil et de fraternité que les bénévoles du Foyer des marins offrent depuis seize ans grâce à la générosité du diocèse et à celle du Port. À titre d'un des premiers administrateurs du Foyer, il m'apparaît qu'une rencontre entre le président directeur général du Port, Gaétan Boivin et Jean Boisvert, le président du Foyer, permettrait de convenir des modalités budgétaires récurrentes pour maintenir allumé ce phare à Trois-Rivières.

Léon A. Lemay

Trois-Rivières

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